Des activistes condamnent la violence de l’extrême droite lors de l’EuroPride de Belgrade
Près de quatre-vingt-dix personnes ont été arrêtées par la police tandis que des militants ont signalé des agressions commises par des personnes s’opposant au défilé de l’EuroPride, qui a rassemblé plus de 10 000 personnes malgré l’interdiction de la police soutenue par le gouvernement.
Près de quatre-vingt-dix personnes ont été arrêtées par la police tandis que des militants ont signalé des agressions commises par des personnes s’opposant au défilé de l’EuroPride, qui a rassemblé plus de 10 000 personnes malgré l’interdiction de la police soutenue par le gouvernement.
Des milliers de militants sont descendus dans les rues de la capitale serbe samedi (17 septembre), y compris ceux des pays voisins comme l’Albanie et le Kosovo. En plus des arrestations, 10 policiers ont été blessés et un véhicule a été endommagé. Plusieurs militants ont également dû être hospitalisés après des attaques de contre-manifestants.
« Près de 10 000 personnes se sont rassemblées pour lutter pour l’égalité, la solidarité et les droits de l’homme. Aujourd’hui, Belgrade a connu la plus grande Pride jamais organisée et nous devons tous en être fiers », a déclaré l’équipe de la Belgrade Pride dans un communiqué de presse. Plus de 130 événements ont eu lieu à Belgrade dans le cadre de la semaine EuroPride, qui s’est déroulée du 12 septembre à samedi.
La directrice d’IGLA Europe, qui était à Belgrade pour l’événement, a confié à EURACTIV que le fait que la marche ait eu lieu ne devrait pas être pris comme un signe que le gouvernement respecte ses obligations en matière de droit à la liberté de réunion.
« Le gouvernement serbe a fait tout ce qui était en son pouvoir jusqu’à la toute dernière minute pour faire obstacle, décourager et intimider les organisateurs. Au-delà de la marche de la Pride en elle-même, les risques d’une vulnérabilité accrue à la violence et à la haine sont aujourd’hui bien réels pour les citoyens [en raison] des déclarations anti-LGBTI [qui] ont été faites par des leaders politiques et religieux en Serbie », a-t-elle déclaré.
Elle a accusé le président Vucic d’instrumentaliser la communauté à des fins politiques, notamment pour faire avancer les forces d’extrême droite et antidémocratiques.
Un groupe de militants albanais qui participaient à la marche par solidarité a été brutalement attaqué sur le chemin du retour à leur hôtel. Deux d’entre eux ont dû être hospitalisés, tandis que les autres ont déclaré être sous le choc.
Le militant Xheni Karaj, qui était parmi eux, a déclaré que la police n’a rien fait pour intervenir ou empêcher l’attaque, bien qu’elle se trouvait à proximité au moment des faits.
L’ambassadeur albanais en Serbie, Ilir Bocka, a confié à EURACTIV qu’il n’avait reçu aucun appel des personnes attaquées, mais qu’il « suivait la situation avec une grande attention ».
Ceux qui ont protesté contre la marche ont brandi des bannières avec le visage du président russe Vladimir Poutine comme symbole religieux et sont également liés à un groupe de motards qui soutient le régime de Moscou.
Le ministre serbe de l’Intérieur, Aleksandar Vulin, a déclaré que la sécurité du défilé avait coûté environ 3 millions d’euros à l’État et que près de 6 000 policiers avaient été impliqués.
Le pays des Balkans, candidat à l’adhésion à l’Union européenne, a été soumis à une pression intense au cours des deux dernières semaines, après que M. Vucic a déclaré que le défilé devait être interdit et que la police a pris des mesures en ce sens quelques jours avant la tenue de celui-ci. Les militants, soutenus par les eurodéputés, les ambassadeurs de l’UE et les organisations de défense des droits de l’homme, ont maintenu la marche.
La commissaire européenne à l’Égalité, Helena Dalli, qui s’est rendue à Belgrade à l’occasion d’EuroPride, a déclaré que la volonté politique de défendre les bonnes valeurs était importante pour parvenir à l’égalité.
Mme Dalli, qui a rencontré la Première ministre serbe Ana Brnabić, a déclaré que « la volonté politique et l’orientation de la société vers les bonnes valeurs sont des facteurs très importants pour œuvrer à l’égalité dans chaque pays ».
La présence policière était importante sur les lieux, les autorités repoussant les contre-manifestants qui brandissaient des croix et des pancartes religieuses. Les médias présents sur place ont vu la police emmener plusieurs contre-manifestants qui étaient en grande partie responsables des perturbations.