Élargissement de l’UE : le ministre italien des Affaires européennes demande une période de réflexion

Avant de procéder à un nouvel élargissement de l’UE, il est nécessaire de se pencher sur les priorités des États membres et sur la capacité financière de l’Union. C’est ce qu’a déclaré le ministre italien des Affaires européennes, Raffaele Fitto, lors d’un événement organisé mardi.

EURACTIV Italie
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M. Fitto a appelé à un temps de réflexion lors du meeting de Rimini, un événement organisé par l’influent mouvement du laïcat catholique « Communion et Libération ». [EPA-EFE/FABIO FRUSTACI]

Avant de procéder à un nouvel élargissement de l’Union européenne, il est nécessaire de se pencher sur les priorités des États membres et sur la capacité financière de l’Union. C’est ce qu’a déclaré le ministre italien des Affaires européennes, Raffaele Fitto, lors d’un événement organisé mardi (22 août).

M. Fitto, ministre du gouvernement de Giorgia Meloni, a appelé à un temps de réflexion lors du meeting de Rimini, un événement organisé par l’influent mouvement du laïcat catholique « Communion et Libération ».

Un « nouveau modèle » de l’Union européenne est nécessaire avant que de nouveaux États membres de l’UE ne deviennent membres, d’après M. Fitto. Ce modèle devrait régler des questions majeures telles que la défense, la politique étrangère, les flux migratoires et la politique industrielle. Les différences entre les États membres de l’UE seraient éliminées grâce à un recensement des priorités à traiter en synergie et à la définition des « tâches principales », a-t-il ajouté.

« Ce sont des sujets qu’il convient de placer devant les choix à mettre en place, car, dans le cas contraire, nous risquons d’ouvrir une réflexion plus générale sans avoir la capacité, les moyens ni les structures pour pouvoir la mener à bien », a souligné M. Fitto.

À l’heure actuelle, huit pays sont officiellement candidats à l’adhésion à l’Union européenne et procèdent à la mise en conformité de leur législation nationale avec les exigences requises pour l’adhésion à l’UE : l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord, la Moldavie, le Monténégro, la Serbie, la Turquie et l’Ukraine. Le Kosovo a déposé sa demande d’adhésion en décembre 2022 et la Géorgie l’a fait peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

L’adhésion à l’UE constitue une procédure souvent longue et complexe, qui exige des pays candidats non seulement qu’ils remplissent les critères d’adhésion — connus sous le nom de « critères de Copenhague » — mais aussi qu’ils transposent la législation européenne dans tous les domaines.

« Hypothétiser — dès maintenant et pour les prochaines années — sur une Europe aussi grande n’implique pas seulement de se lancer à corps perdu, mais aussi de réfléchir (…) Quelle capacité financière et quel modèle envisageons-nous pour construire cette dimension ? », a demandé M. Fitto à l’auditoire.

Peu avant le discours de M. Fitto, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, qui s’est exprimée lors de la même réunion, a demandé que les négociations sur l’entrée de l’Ukraine dans l’UE commencent dès que possible.

« Nous avons accordé à l’Ukraine le statut de “pays candidat” à l’adhésion à l’Union européenne l’été dernier, et j’espère que les négociations pourront commencer dès que possible », a-t-elle déclaré, réitérant son « soutien inconditionnel » au pays en guerre.