Elections : un conflit entre socialistes et libéraux entache le début de la campagne [FR]
La semaine dernière, tentant d’attirer l’attention du public sur les élections européennes, les partis socialiste et libéral se sont lancés des attaques cinglantes via une série de communiqués de presse et de lettres ouvertes publiées dans la presse belge.
La semaine dernière, tentant d’attirer l’attention du public sur les élections européennes, les partis socialiste et libéral se sont lancés des attaques cinglantes via une série de communiqués de presse et de lettres ouvertes publiées dans la presse belge.
Alors que les libéraux démocrates européens s’étaient rassemblés à Bruxelles pour le lancement de leur campagne électorale mercredi (15 avril), les leaders socialistes leur ont conseillé la prudence dans le soutien à l’élargissement du marché unique de l’UE à des secteurs sensibles tels que l’énergie, les services postaux, les chemins de fer et les soins de santé.
L’avertissement provenait d’une lettre co-signée par Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen (PSE) et les leaders néerlandophone et francophone du Parti socialiste belge, Caroline Gennez (SP.A flamand) et Elio di Rupo (PS wallon).
« Comment proposez-vous d’utiliser le marché unique pour assurer que ces services restent de qualité, abordables et accessibles à tous ? », demandent les trois socialistes. « Alors que les députés européens libéraux plaident pour un marché ouvert dans le secteur des soins de santé sans prendre en compte toutes les conséquences, les socialistes travaillent pour faire en sorte qu’un privilège de quelques-uns – moins d’1 % des patients – ne mette pas en péril les soins de santé pour le plus grand nombre », ont-ils soutenu dans une lettre ouverte, publiée dans le quotidien belge francophone Le Soir.
Les libéraux n’ont pas hésité à répliquer : les systèmes de soin de santé à travers l’UE ne se sont pas montrés capables de répondre aux demandes des patients, ont-ils déclaré dans une lettre envoyée le jour suivant (16 avril) à leurs concurrents socialistes. Les socialistes considèrent les patients comme des bénéficiaires, ont-ils poursuivi : les libéraux considèrent les patients comme des consommateurs qui exigent des services possibles.
Les patients veulent avoir le choix, et la concurrence mènera à une meilleure couverture des soins de santé pour tous les Européens, ont-ils ajouté, en affirmant que douze ans de gouvernement socialiste au Royaume-Uni n’avaient pas contribué à remédier aux échecs du Service national de santé britannique, par exemple.
Ces positions ont été prises en dépit des retards de campagne dans des pays européens clé comme la France, où les partis principaux ont finalisé avec difficulté leurs listes pour les élections européennes de juin (EURACTIV 10/04/09).
Le marché unique, épine dorsale du manifeste libéral
Le renforcement du marché unique est l’épine dorsale du manifeste libéral pour les élections. La concurrence transfrontalière, le partage des connaissances et le libre-échange des biens et services sont essentiels pour augmenter la compétitivité économique internationale de l’UE et créer de la croissance et des emplois.
Les socialistes ont également appelé à l’achèvement du marché intérieur de l’UE dans leur manifeste. Ils ont conseillé la diminution des charges administratives afin de générer davantage de commerce et d’emploi européens, via la simplification du cadre juridique des PME et le renforcement des ressources financières à destination de l’innovation.
Les socialistes se raccrochent au succès de la directive Services
Mais il en va différemment des services publics. En 2006, le groupe socialiste du Parlement européen s’est assuré une importante victoire en excluant les services sociaux et de santé de la tristement célèbre directive Services, ont écrit les socialistes, qui feront tout leur possible pour maintenir l’intégrité des services publics, de manière à ce que la concurrence européenne et les règles du marché n’aillent pas à l’encontre des droits des citoyens.
Dans une tentative de mettre les choses en perspectives, les libéraux ont déclaré qu’ils ne considéraient pas le marché unique comme une fin en soi, mais plutôt comme le moyen le plus efficace de satisfaire la demande des citoyens.
Les libéraux ont au final mis les socialistes en garde contre une telle campagne faite de piques rendues coup pour coup. Ils ont déclaré que quelques semaines plus tôt, les socialistes avaient critiqué l’engagement des libéraux envers l’égalité des chances. Mais les actes valent mieux que des mots, ont-ils ajouté.
Pour exemple, les libéraux ont relevé que le président et le secrétaire général de l’ELDR sont tous deux des femmes. De plus, sur les sept vice-présidents de l’ELDR, cinq sont des femmes, de même que 42 % des eurodéputés au Parlement, ont-ils souligné (la moyenne au Parlement est de 31 %).
Les libéraux, la force décisive du prochain Parlement
Si les sondages donnent une indication sur les futurs résultats des élections, c’est que le prochain Parlement européen oscillera entre centre-droit et centre-gauche, et que le positionnement des libéraux aux côtés des socialistes ou des conservateurs sur chaque question sera déterminant.