Empêtré dans un scandale de corruption, le ministre roumain chargé de la réforme fiscale démissionne
Nommé il y a à peine un mois, Dragoș Anastasiu quitte le gouvernement d’Ilie Bolojan, emporté par une affaire de pots-de-vin versés à un inspecteur des impôts, dans une administration qu’il était chargé de réformer.
Quelques semaines seulement après son entrée en fonction, le vice-Premier ministre roumain Dragoș Anastasiu a présenté sa démission dimanche 27 juillet, à la suite d’un scandale de corruption impliquant l’administration fiscale, dont il avait la supervision.
Entré au gouvernement le 23 juin, Dragoș Anastasiu a quitté ses fonctions après que la presse a révélé qu’il aurait soudoyé un inspecteur de l’administration fiscale ayant mis au jour des irrégularités dans ses entreprises, notamment l’omission du paiement de cotisations sociales. L’affaire vise l’Agence nationale pour l’administration fiscale (ANAF), que Dragoș Anastasiu était chargé de superviser et de réformer dans le cadre de ses nouvelles fonctions.
Selon une enquête de la Direction nationale anticorruption (DNA), les entreprises de Dragoș Anastasiu auraient versé plus de 150 000 euros de pots-de-vin, dissimulés sous forme de services de conseil et de voyage fictifs, à un Inspecteur de l’ANAF entre 2009 et 2017 afin d’échapper à des sanctions.
L’inspecteur en question a été condamné à 5 ans de prison en 2023.
Dragoș Anastasiu a reconnu avoir versé des pots-de-vin tant pendant l’enquête que devant le tribunal.
Cependant, lui et son personnel n’ont pas été inculpés, car l’entreprise avait initialement signalé les allégations de corruption à la DNA par l’intermédiaire d’un partenaire commercial.
Lors d’une conférence de presse tenue dimanche, il a reconnu des fautes commises par ses sociétés, tout en assurant que les paiements n’avaient pas visé son enrichissement personnel. « C’était un pot-de-vin pour survivre, pas pour s’enrichir », a-t-il déclaré, affirmant avoir rejoint le gouvernement avec l’intention sincère de contribuer à des réformes.
Il a profité de son intervention pour dénoncer les pratiques de l’État roumain à l’égard des entreprises, qualifiant l’attitude de l’administration de « longtemps inacceptable », bien que, selon lui, des améliorations aient été amorcées. Il a justifié son départ par l’impossibilité d’exercer efficacement ses fonctions, dans un climat qu’il juge miné par des « attaques fondées sur des faits exagérés ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]