Fonds européens : la difficile équation environnementale
L’environnement fait partie des priorités de la politique régionale. Mais les projets nécessitent un arbitrage compliqué, comme à Sète, dans le cadre de la réhabilitation d’une plage classée.
L’environnement fait partie des priorités de la politique régionale. Mais les projets nécessitent un arbitrage compliqué, comme à Sète, dans le cadre de la réhabilitation d’une plage classée.
Promus depuis Bruxelles jusqu’à la moindre collectivité locale, les investissements dans le développement durable jouissent en général d’une bonne image. La ville de Sète (Hérault) a même été mise en lumière fin mars, lors du Sommet européen des villes et des régions à Copenhague, pour sa politique en faveur des bâtiments basse consommation, des cyclistes en ville et des navettes fluviales non polluantes.
Rendu public au début du mois d’avril, un rapport co-réalisé par l’Institut pour une politique européenne de l’environnement pour le compte de la Commission européenne, nuance le tableau. A travers des études de cas menées dans une trentaine de villes différentes, les auteurs tentent de jauger la qualité des projets menés : aboutissent-ils à une synthèse gagnante entre l’économie et l’environnement ?
Déplacement d’une route
Le défi est difficile à relever, si l’on en croit la description faite du littoral sétois. A l’automne 2007, la communauté d’agglomération du Bassin de Thau démarre des travaux pour préserver le Lido, une bande de terre et de sable longue de 12 kilomètres protégée par la loi Littoral et dont une portion fait l’objet d’un classement Natura 2000. L’UE décide d’apporter son concours à hauteur de 7 millions d’euros environ.
Confrontés à l’érosion continue de la plage, les élus devaient agir pour éviter la disparition de cet espace à l’horizon 2020. Ils optent pour des méthodes « douces », comme la reconstitution d’un cordon naturel de dunes pour freiner l’érosion. L’un des grands chantiers a consisté à décaler la route qui borde le littoral afin d’élargir la bande sableuse. La solution était « la plus économiquement soutenable », car il était « moins coûteux » de déplacer la route que de la réparer fréquemment, pour pallier les dégâts occasionnés par les tempêtes. « La mesure a été bien accueillie par les associations écologistes et l’environnement a été pris en compte lorsque la question liée à l’utilisation de l’espace laissé libre a été soulevée », rapportent les auteurs.
Avantage économique
Avec du recul, les conséquences écologiques ne sont pourtant pas neutres. « La construction de la route a conduit à la destruction accidentelle de plantes rares comme les lys de mer, les oliviers de Bohème et de roseaux entrelacés servant d’abris » à différentes espèces. L’apport régulier de sable visant à renforcer le Lido est également discuté car son extraction réalisée au fond de la mer risque de « déranger les écosystèmes marins ».
Reste l’impact économique. Les investissements verts réalisés pour le Lido ne sont pas susceptibles de créer d’emplois, estime l’étude. « La zone est protégée et aucune autre construction n’est prévue à l’avenir. » Mais les dépenses consenties pour la réhabilitation de la plage comportent cependant un avantage économique : les touristes continueront de venir visiter le site.