La Turquie toujours exclue du programme F-35, la Grèce opte pour la défense aérienne israélienne
Washington a également fait part de ses inquiétudes concernant les liens entre la Turquie et le Hamas
La Turquie ne remplit toujours pas les conditions légales requises pour réintégrer le programme américain d’avions de chasse F-35, a déclaré le Département d’État, alors qu’Athènes poursuit un important programme d’acquisition de systèmes de défense aérienne israéliens.
Le retour au programme F-35 est une priorité majeure pour Ankara, en particulier depuis que le président américain Donald Trump a indiqué, lors du sommet de l’OTAN, qu’il soutiendrait une telle initiative. La Turquie avait été exclue du programme en 2020 après avoir acquis le système de défense aérienne russe S-400.
À la suite du sommet de l’OTAN, des responsables turcs ont révélé qu’ils sont en pourparlers avec un État du Golfe au sujet d’une éventuelle vente du S-400, dans le but d’ouvrir la voie au retour de la Turquie dans le programme F-35.
Toutefois, la Turquie ne remplit pas encore les conditions fixées par la législation américaine pour sa réintégration, a indiqué le Département d’État dans une lettre datée du 22 juillet adressée au député démocrate Wesley Bell, citée par Kathimerini.
Le département a ajouté que tout processus visant à résoudre la question du S-400 doit être transparent, conforme à la loi et compatible avec les intérêts des États-Unis en matière de sécurité nationale.
Moscou a reconnu avoir été en contact avec Ankara au sujet de cette question sensible. La Grèce, qui a commandé 20 F-35, et Israël, qui exploite déjà cet appareil, se sont fermement opposés au retour de la Turquie dans le programme, arguant que cela déstabiliserait la région et éroderait leur avantage militaire.
Euractiv a rapporté le 13 juillet que les services de renseignement régionaux ont fait part de leurs inquiétudes concernant un éventuel transfert du S-400 vers un État du Golfe, avertissant que cela pourrait encore exposer les systèmes d’armement américains à la technologie russe, étant donné que plusieurs pays du Golfe utilisent déjà du matériel militaire de fabrication américaine.
Washington a également souligné que ses préoccupations de longue date concernant les liens entre la Turquie et le Hamas demeurent, avertissant que les réseaux de financement du Hamas continuent d’opérer sur le sol turc.
Par ailleurs, le Conseil gouvernemental grec des affaires étrangères et de la défense (KYSEA) devrait approuver jeudi le programme d’achats de défense « Bouclier d’Achille », d’un montant de 4 milliards d’euros.
Dans le cadre de ce programme, la Grèce acquerra trois systèmes de défense aérienne israéliens – le Spyder All in One et le David’s Sling de Rafael, ainsi que le Barak MX d’IAI – créant ainsi un bouclier de défense aérienne à trois niveaux contre les menaces à courte, moyenne et longue portée.
La Turquie a fait valoir que la coopération croissante en matière de défense entre la Grèce, Israël et Chypre constitue une menace pour sa sécurité nationale.
(at)