Friedrich Merz, candidat à la chancellerie allemande, milite pour une coordination européenne sur les enjeux de sécurité
A l'occasion de visites en Ukraine et en Pologne cette semaine, Friedrich Merz, candidat favori pour devenir le prochain chancelier allemand, a tenté de convaincre ses alliés d’Europe de l’Est qu’il défendrait une coordination plus étroite avec eux sur les questions de sécurité.
À l’occasion de visites en Ukraine et en Pologne les 9 et 10 décembre, Friedrich Merz, candidat favori pour devenir le prochain chancelier allemand, a tenté de convaincre ses alliés d’Europe de l’Est qu’il défendrait une coordination plus étroite avec eux sur les questions de sécurité.
L’attaque de la Russie contre l’Ukraine en 2022 a renforcé la position européenne des partisans de la politique de rigueur dans les pays de l’Est de l’UE, tels que les pays baltes et la Pologne.
Les relations de l’Allemagne avec ces pays, sous la direction du chancelier Olaf Scholz, ont toutefois été mitigées. Si les formats multilatéraux, tels que le Triangle de Weimar, ont été ravivés, les affrontements sur la politique de sécurité se sont multipliés.
Après s’être rendu à Kiev et à Varsovie lundi et mardi 9 et 10 décembre, Friedrich Merz, démocrate-chrétien et principal adversaire d’Olaf Scholz pour les prochaines élections, a indiqué qu’il souhaitait faire de l’amélioration de la communication et du soutien direct aux préoccupations sécuritaires des pays d’Europe de l’Est une priorité s’il devenait chancelier.
« Je me suis délibérément rendu à Varsovie immédiatement après mes entretiens à Kiev. À mon avis, il est très important que nous nous coordonnions étroitement en Europe sur les questions clés de la sécurité commune », a-t-il écrit sur X mardi, après sa rencontre avec le Premier ministre polonais Donald Tusk.
La veille, le président de la CDU/CSU au Bundestag (parlement allemand) avait rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre estonien Kristen Michal à Kiev. Il avait ensuite réaffirmé son soutien à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN, ainsi qu’à la livraison controversée de missiles allemands à longue portée.
Par ce message, Friedrich Merz a semblé viser une réunion des dirigeants de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis qui s’est tenue à Berlin en octobre. Le Premier ministre polonais Donald Tusk était notamment absent, ce que les démocrates-chrétiens ont dénoncé comme un manque d’inclusivité.
Friedrich Merz et Donald Tusk ont également discuté de la proposition du premier de former un groupe de contact européen sur l’Ukraine. Le chrétien-démocrate avait réitéré son précédent appel à la formation d’un tel groupe à Kiev, citant la nécessité de développer une stratégie européenne commune face à un second mandat de Donald Trump aux États-Unis.
Volodymyr Zelensky a soutenu l’idée lundi, ajoutant que le groupe ne devrait pas seulement inclure l’Allemagne, la France, la Pologne et la Grande-Bretagne, mais aussi le Danemark.
Un cadre prudent
Friedrich Merz s’en est tenu à sa rhétorique plus prudente de ces dernières semaines, alors que les sondages préélectoraux ont mis en lumière la position hésitante d’Olaf Scholz sur le soutien militaire à l’Ukraine et la livraison de missiles à longue portée, notamment.
Lors d’une interview radiodiffusée après sa visite à Kiev, Friedrich Merz a souligné qu’il veillera à ce que l’Allemagne « ne devienne pas partie prenante à la guerre », lorsqu’il a été interrogé sur les livraisons de missiles à longue portée. Il a également déclaré au journal Bild qu’un soutien militaire fort à l’Ukraine était nécessaire pour mettre fin à la guerre.