Grâce à ses amis haut placés, un trafiquant albanais évite la prison et est assigné à résidence
Un homme politique albanais, qui encourt 40 ans de prison pour trafic de drogue en Italie, a été arrêté dans son pays le 9 avril dernier, mais il est depuis assigné à résidence sans surveillance policière. Certaines sources de la Commission fustigent ce traitement de faveur mais ont précisé que l’exécutif européen ne pouvait pas influer sur les décisions des tribunaux.
Un homme politique albanais, qui encourt 40 ans de prison pour trafic de drogue en Italie, a été arrêté dans son pays le 9 avril dernier, mais il est depuis assigné à résidence sans surveillance policière. Certaines sources de la Commission fustigent ce traitement de faveur mais ont précisé que l’exécutif européen ne pouvait pas influer sur les décisions des tribunaux.
Fatmir Kajolli, un conseiller municipal, a été assigné à résidence sans surveillance policière après avoir été brièvement emprisonné le 9 avril dernier.
Certains journaux albanais ont rapporté que l'ancien ministre de la défense avait des « amis haut placés » qui s'étaient assurés qu'il ne soit pas jugé trop sévèrement.
M. Kajolli a été condamné par les tribunaux de Rome et Milan à 24 et 16 ans de prison respectivement pour trafic de drogue et son implication dans des organisations criminelles. Cela fait dix ans qu'il n'a toujours pas été arrêté.
Depuis sa condamnation pour trafic de drogue en Italie, M. Kajolli a mené de nombreuses activités d'homme politique et d'homme d'affaires et personne ne sait pourquoi son arrestation tarde à se concrétiser.
La Commission européenne ne commente pas les décisions des tribunaux, mais il semblerait que l'affaire Kajolli fasse l'objet d'une attention toute particulière, dans la mesure où son issue pourrait bien avoir un impact sur les relations entre l'UE et l'Albanie, a appris EURACTIV.
Le ministère de l'intérieur et le bureau du procureur général se renvoient la balle sur le dossier. Les procureurs ont demandé son emprisonnement en attendant son extradition vers l'Italie.
Plusieurs médias et membres de l'opposition affirment que M. Kajolli est un homme d'affaires connu pour ses relations avec le ministre de l'environnement et chef du Parti républicain, Fatmir Mediu, et d'autres fonctionnaires du gouvernement. Dans une brève déclaration pour la Gazeta Shqiptare, M. Mediu a affirmé qu'il refusait de répondre à ces allégations « infondées » et « inventées de toutes pièces ».
Les tribunaux des pays baltes prennent parfois la liberté d'assigner des suspects ou de dangereux criminels à résidence. Ceux-ci ne tardent généralement pas à disparaître à l'étranger.
Dans la mesure où la corruption et les pressions politiques rendent souvent la justice inefficace dans bon nombreux des aspirants à l'adhésion à l'UE, la Commission européenne a récemment décidé d'ouvrir à un stade précoce les chapitres 23 et 24 (« Appareil judiciaire et droits fondamentaux » et « Justice, liberté et sécurité ») des négociations d'adhésion.
Le seul pays des Balkans occidentaux proche de l'ouverture de ces négociations est le Monténégro.