Guerre en Ukraine : après son appel à Vladimir Poutine, Olaf Scholz sous le feu des critiques

Le Premier ministre polonais Donald Tusk s’est félicité que le chancelier allemand Olaf Scholz ait transmis la position de la Pologne sur la guerre en Ukraine lors de son appel téléphonique à Vladimir Poutine vendredi 15 novembre, avant d'annoncer le dimanche que les appels téléphoniques avec le dirigeant russe étaient inutiles.

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Polish-German intergovernmental consultations in Warsaw
Le chancelier allemand a rejeté toutefois les critiques, y compris celles de Donald Tusk, affirmant que l’Ukraine peut compter sur ses alliés occidentaux et qu’aucune décision ne sera prise sans Kiev. Il a également déploré le fait qu’aucun dirigeant européen ne soit en contact régulier avec Vladimir Poutine, alors que les États-Unis — avec la réélection de Donald Trump à la Maison-Blanche — le seraient à présent. [EPA-EFE/MARCIN OBARA POLAND OUT]

Le Premier ministre polonais Donald Tusk s’est félicité que le chancelier allemand Olaf Scholz ait transmis la position de la Pologne sur la guerre en Ukraine lors de son appel téléphonique à Vladimir Poutine vendredi 15 novembre, avant d’annoncer le dimanche que les appels téléphoniques avec le dirigeant russe étaient inutiles.

Olaf Scholz (Parti social-démocrate, Socialistes et Démocrates européens) a échangé avec Vladimir Poutine vendredi 15 novembre des récents développements en Ukraine et des perspectives de paix. Il a ensuite contacté Donald Tusk (Plateforme civique, Parti populaire européen) pour lui raconter l’entretien.

« J’ai été heureux d’entendre que le chancelier a non seulement condamné sans équivoque l’agression russe, mais qu’il a également réitéré la position polonaise : rien sur l’Ukraine sans l’Ukraine », a écrit Donald Tusk sur X le même jour.

Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Hebestreit, a déclaré qu’Olaf Scholz avait exhorté Vladimir Poutine à démontrer sa volonté de négocier une paix « juste et durable » entre la Russie et l’Ukraine.

Toutefois, dans la nuit de samedi à dimanche, les forces russes ont lancé une nouvelle attaque contre l’Ukraine à l’aide de drones et de missiles. L’attaque a duré plusieurs heures et des explosions ont été entendues dans de nombreuses villes. Au moins onze personnes ont été tuées et une vingtaine blessées.

Donald Tusk a commenté cette attaque en faisant référence à l’entretien entre le chancelier allemand et le dirigeant russe.

« Personne n’arrêtera [Vladimir] Poutine avec des appels téléphoniques. L’attaque de cette nuit, l’une des plus importantes de cette guerre, a prouvé que la diplomatie téléphonique ne peut pas remplacer un véritable soutien à l’Ukraine de la part de l’ensemble de l’Occident », a-t-il écrit.

Les semaines à venir « seront décisives non seulement pour la guerre elle-même, mais aussi pour notre avenir », a-t-il ajouté.

Olaf Scholz défend ses positions

Le chancelier allemand a rejeté les critiques, y compris celles de Donald Tusk, affirmant que l’Ukraine peut compter sur ses alliés occidentaux et qu’aucune décision ne sera prise sans Kiev. Il a également déploré le fait qu’aucun dirigeant européen ne soit en contact régulier avec Vladimir Poutine, alors que les États-Unis — avec la réélection de Donald Trump à la Maison-Blanche — le seraient à présent.

La conversation d’Olaf Scholz avec Vladimir Poutine a été très détaillée, mais elle a montré que peu de choses ont changé dans les vues du président russe sur la guerre, et ce n’est pas une bonne nouvelle, a confié le chancelier dimanche à Berlin avant de partir pour le sommet du G20 au Brésil, comme cela a été rapporté par l’AFP.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky aurait mis en garde contre toute discussion avec Vladimir Poutine. Une source du bureau du président ukrainien a déclaré à Reuters que le dirigeant ukrainien pensait que cette conversation renforcerait l’isolement du dirigeant russe et ne contribuerait pas à mettre fin à la guerre plus rapidement.

Dans son discours quotidien au peuple ukrainien, Volodymyr Zelensky a déclaré que l’appel des dirigeants européens au dirigeant russe « est exactement ce que [Vladimir] Poutine souhaite depuis longtemps ».

« À mon avis, l’appel d’Olaf [Scholz] a ouvert la boîte de Pandore. Il pourrait y avoir d’autres conversations, d’autres appels téléphoniques. Il s’agit simplement de beaucoup de mots », a-t-il confié vendredi soir.

Selon le président ukrainien, Vladimir Poutine cherche à « affaiblir son isolement […] et mener des négociations ordinaires qui ne mèneront nulle part, comme il le fait depuis des décennies ».

Cela a permis à la Russie « de ne rien changer à sa politique » et « c’est exactement ce qui a conduit à la guerre » contre l’Ukraine, analyse encore Volodymyr Zelensky.