Journée de l’Europe : Des symboles mais peu de politique
La Mairie de Paris et la Maison de l’Europe de Paris ont organisé mercredi 9 mai, un village européen sur le parvis de l’Hôtel de Ville. L’objectif était de faire descendre l’Europe au niveau des citoyens, 50 ans après la signature du Traité de Rome.
La Mairie de Paris et la Maison de l’Europe de Paris ont organisé mercredi 9 mai, un village européen sur le parvis de l’Hôtel de Ville. L’objectif était de faire descendre l’Europe au niveau des citoyens, 50 ans après la signature du Traité de Rome.
En Bref :
En référence au discours du 9 mai 1950 de Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français de l’époque et père fondateur de l’Europe, cette date a été retenue en 1985 par le Conseil Européen pour célébrer l’Europe.
Accusée d’être éloignée des préoccupations des citoyens et de leur quotidien, l’Union européenne cherche à communiquer vers sa base. La Mairie de Paris et la Maison de l’Europe de Paris ont profité de ce 9 mai pour mettre l’Europe dans la rue, en plein centre d’une ville « européenne par excellence », selon les termes de Pierre Schapira, adjoint au Maire de Paris chargé des relations internationales et de la Francophonie et député européen (PSE).
Différents acteurs européens étaient représentés : associations et société civile (Les Jeunes Européens, Maison de l’Europe de Paris, Toute l’Europe), institutions (Conseil Economique et Social Européen), agences européennes (Agence Spatiale Européenne, Agence Europe Education Formation) et les ambassadeurs allemand, roumain et bulgare. Catherine Lalumière, présidente de la Maison de l’Europe de Paris, a néanmoins regretté la faible mobilisation citoyenne autour de cette journée, mettant en cause « les grilles » disposées autour de la place de l’Hôtel de Ville par la Préfecture de police de Paris pour faire barrage aux manifestations prévues.
La devise de cette journée tenait en trois mots, « Talents, Technologies et Tolérance », en référence aux mots prononcés par la Chancelière allemande Angela Merkel lors de son premier discours, en tant que Présidente de l’UE, devant le Parlement européen en janvier 2007. Une expression reprise par l’ambassadeur allemand Klaus Neubert, qui a ajouté : « Aujourd’hui, l’Europe ne peut pas se permettre de stagner. Elle doit s’atteler à tous les chantiers. Ce n’est pas le moment de se décourager ».
A la tribune, les participants se sont entendus sur l’importance des symboles dans le rapprochement entre l’Union européenne et ses citoyens, malgré le fait qu’aujourd’hui « certains États membres les remettent en cause » a précisé Jean-Guy Giraud, directeur du bureau du Parlement européen à Paris. Yves Gazzo, chef de la représentation de la Commission européenne en France, a souhaité que « l’Europe défende ses valeurs mais aussi les diffuse pacifiquement dans le monde entier ». Il a profité de l’occasion pour rappeler que l’Union européenne était le premier bailleur de fonds de l’Afrique, continent en grande difficulté.
Irina Bokova et Sabin Pop, ambassadeurs respectifs de la Bulgarie et de la Roumanie en France, invités d’honneur de cette journée, se sont félicités des « retrouvailles » tant attendues de leurs pays avec l’UE.
Très peu évoquée dans les discours officiels, la politique de relance du Traité constitutionnel était en revanche de toutes les conversations. « La position de la France se rapproche petit à petit de celle du Parlement européen, qui doit émettre une résolution avant le Sommet des 21 et 22 juin » a déclaré Jean-Guy Giraud à EURACTIV.fr (voir aussi notre dossier Vers un nouveau traité ?). « La future majorité est en train d’amorcer une évolution positive. On est passé d’un mini traité à un traité simplifié ». On parlerait même aujourd’hui ouvertement d’un traité « qui irait plus loin que le simple aspect institutionnel et reprendrait une grande partie du projet constitutionnel » a ajouté Jean-Guy Giraud. « Il y aurait dans le nouveau texte, des éléments de la partie III sur les compétences de l’UE, notamment en matière de politique spatiale, de tourisme, et de sécurité des approvisionnement énergétiques ».