Jusqu’où ira le redéploiement des fonds structurels ?

La Commission plaide pour un transfert ambitieux des fonds régionaux européens vers les pays en difficulté. L’idée fait débat.

EURACTIV.fr

La Commission plaide pour un transfert ambitieux des fonds régionaux européens vers les pays en difficulté. L’idée fait débat.

Enjeu de la campagne présidentielle, la croissance, dont le financement est estimé à 120 milliards d’euros, reposera sur 3 mesures qui font consensus  : augmentation des prêts de la banque européenne d’investissement, lancement de ‘project bonds’ et utilisation optimisée des fonds régionaux européens.

Dans ce dernier domaine, les modalités sont plus compliquées qu’il n’y paraît. La version la moins controversée revient à affecter les 55 milliards d’euros disponibles jusqu’en 2013 aux secteurs prioritaires, comme les PME, l’innovation ou l’emploi des jeunes. Une approche beaucoup plus iconoclaste, promue par la Commission européenne, consisterait à redéployer cette cagnotte sur les pays qui en ont le plus besoin, quitte à diminuer la dotation en fonds structurels des États moins secoués par la crise. Cette étape, qui nécessiterait l’accord des 27, se heurte à l’hostilité prévisible des pays qui seraient perdants.

Pas d’effets positifs dans l’immédiat

La somme restante, de l’ordre de 65 milliards, résulte des 10 milliards de capitaux injectés à la BEI, grâce auxquels elle compte lever 6 fois plus d’argent sur les marchés, soit une capacité de prêts de 60 milliards d’euros. Des garanties publiques (de l’ordre de 200 millions d’euros et pouvant provenir des fonds structurels), seront enfin adossées à des projets financés via des obligations émises par des entreprises, à hauteur de 4,5 milliards d’euros si l’effet de levier fonctionne bien.

En fin de semaine, la Commission a prévu de fournir des estimations sur l’impact de ces mesures sur l’économie européenne. “Les infrastructures prennent des années, parfois 5 ans. Ce ne sont pas des mesures qui relancent immédiatement l’activité, observe Florence Pisani, économiste chez Dexia Asset Management. Il n’y a pas forcément besoin de prendre des mesures de croissance, ajoute-t-elle, desserrer le calendrier pour rééquilibrer les comptes publics serait plus efficace.” Il n’en est pourtant pas question. A l’issue du séminaire gouvernemental qui s’est tenu le 25 juin, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a réitéré l’impératif budgétaire visant à ramener le deficit à 3% de PIB en 2013, contre 5,2% en 2011.