L'ambassadeur de Chine s'oppose au recours à la force en Iran
Les partenaires internationaux devraient s'engager dans des discussions diplomatiques dans le but de sortir l'impasse iranienne, dans la mesure où une intervention militaire aurait des conséquences désastreuses pour la région, a expliqué Wu Hailong, le nouvel ambassadeur chinois auprès de l'UE.
Les partenaires internationaux devraient s'engager dans des discussions diplomatiques dans le but de sortir l'impasse iranienne, dans la mesure où une intervention militaire aurait des conséquences désastreuses pour la région, a expliqué Wu Hailong, le nouvel ambassadeur chinois auprès de l'UE.
Cette semaine, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a fait savoir au négociateur iranien pour le nucléaire qu'elle était prête à le rencontrer pour discuter du programme nucléaire de Téhéran.
« La meilleure solution reste le dialogue diplomatique », a déclaré M. Hailong, un diplomate chevronné qui a représenté la Chine auprès de nombreuses organisations internationales, dont l'Agence internationale de l'énergie atomique.
M. Hailong a expliqué à un petit groupe de journalistes que certaines questions restaient en suspens et que les sanctions n'avaient produit aucun résultat.
« Les Nations unies sanctionnent l'Iran depuis de nombreuses années », a-t-il affirmé. « Ces sanctions sont inutiles. »
L'UE a interdit les importations de pétrole iranien et imposé de nouvelles sanctions en janvier dernier afin d'encourager Téhéran à revenir à la table des négociations.
Ce boycott commercial a suivi une nouvelle série de mesures adoptées par les États-Unis afin de couper court au programme de développement nucléaire de Téhéran.
« Le recours aux forces armées aurait des conséquences désastreuses », a poursuivi M. Hailong, ajoutant que le prix du baril de pétrole, aujourd'hui à 107 dollars, pourrait alors monter en flèche. « Si nous décidions de lancer une attaque armée contre l'Iran, nous devrions prendre en considération le fait que ce pays est l'un des premiers producteurs de pétrole au monde. »
Selon le nouvel ambassadeur chinois, la communauté internationale devrait prendre en compte la taille de l'Iran et sa position stratégique dans une région déjà secouée par les violences en Syrie.
« Toute attaque contre l'Iran aurait également des conséquences dévastatrices sur la Syrie », a-t-il affirmé en soulignant que l'UE et ses partenaires mondiaux devraient faire preuve de patience pour s'assurer que le programme nucléaire iranien est bien pacifique et restaurer la confiance.
Pour M. Hailong, « la sagesse serait de choisir le moindre des maux ».
Même si l'ambassadeur n'a pas précisé de date pour la reprise des négociations, il pense que celles-ci devraient apaiser les tensions.
Dans un signe possible d'avancée vers plus de coopération, l'Iran a fait savoir la semaine dernière qu'il autoriserait les enquêteurs à visiter un complexe militaire auquel ils s'étaient vus refuser l'accès, afin de contrôler le matériel soupçonné de servir à des recherches sur des explosifs en lien direct avec des armes nucléaires.
Les États occidentaux devraient faire preuve de prudence et garder en tête les précédentes accusations selon lesquelles la disposition de l'Iran à négocier ne lui avait servi qu'à gagner du temps au lieu d'aboutir à un accord. La Chine semble toutefois réellement croire à une issue positive.
« En gérant convenablement la situation, nous parviendrons à trouver une solution », a-t-il affirmé.