L’empire médiatique de Berlusconi suscite une nouvelle controverse [FR]

Une bataille entre les magnats des médias fait rage en Italie, où la proposition du gouvernement de centre droit d’augmenter les taxes sur Sky Italia a rencontré une opposition massive. Cette chaîne de télévision payante est la propriété de Rupert Murdoch, le principal concurrent de l’empire télévisuel du Premier ministre Silvio Berlusconi.

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Une bataille entre les magnats des médias fait rage en Italie, où la proposition du gouvernement de centre droit d’augmenter les taxes sur Sky Italia a rencontré une opposition massive. Cette chaîne de télévision payante est la propriété de Rupert Murdoch, le principal concurrent de l’empire télévisuel du Premier ministre Silvio Berlusconi.

L’exécutif italien a annoncé des plans visant à doubler le taux de TVA appliqué à Sky, qui passerait ainsi de 10 à 20 %. Le ministre de l’Economie Guilio Tremonti a expliqué que cette mesure avait pour objectif de rendre l’Italie conforme à la législation de l’UE. 

En effet, en Italie, les services de télévision par satellite sont offerts par trois fournisseurs : Sky (propriété de M. Murdoch), Mediaset (groupe de M. Berlsuconi) et RAI (service public). Actuellement, le taux de TVA imposé à Mediaset s’élève à 20 %, le double de celui imposé à Sky. Les règles européennes interdisent l’application de différents taux de taxation pour les mêmes services. 

M. Tremonti a utilisé l’argument selon lequel l’Italie essaie simplement de se conformer aux règles de l’UE pour justifier ce qui est considéré par beaucoup comme un acte éminemment politique. En effet, la Commission européenne a appelé les autorités italiennes à mettre un terme à une telle discrimination. A cet égard, l’exécutif européen a déjà conclu un accord visant à réviser les taux avec le gouvernement précédent, conduit par l’ancien président de la Commission Romano Prodi. 

Toutefois, ce que M. Tremonti a omis de mentionner, c’est que l’UE n’a jamais demandé une augmentation des taxes, elle a simplement souhaité que les taxes soient harmonisées. Nous demandons une harmonisation de la TVA pour les mêmes services, a indiqué un porte-parole de la Commission chargé des questions fiscales. Mais il a ajouté qu’il revient aux gouvernements de décider s’ils appliquent un taux de TVA de 10 ou 20 %. 

Pour le moment, l’augmentation des taxes contredit complètement la position officielle de l’UE, qui souhaite réduire les taxes et instaurer des mesures d’incitation visant à aider les pays de l’UE à répondre à la crise économique et financière. 

La chaîne de télévision Sky, quant à elle, a insisté sur le fait que la Commission a demandé une harmonisation à 10 %. Que ce soit vrai ou non, le gouvernement de Berlusconi aurait pu abaisser les taxes sur les autres acteurs au lieu d’augmenter celles sur le groupe de M. Murdoch. Le gouvernement a déclaré que réduire les taxes sur les services par satellite de Mediaset aurait suscité encore plus de controverse. 

Toutefois, cet argument ne tient pas compte de la situation des médias italiens, qui sont principalement dominés par deux acteurs, à savoir Mediaset et RAI – tous deux directement ou indirectement contrôlés par M. Berlusconi –, qui n’opèrent pas via satellite, mais par le biais de services de diffusion gratuits sur les fréquences radio. En effet, le Premier ministre est propriétaire de Mediaset et exerce une forte influence sur la chaîne RAI, dont l’équipe de direction reflète le pouvoir politique. 

Sky, la seule alternative réelle à ce duopole, dérange tout particulièrement Mediaset, puisqu’elle cherche à attirer le même public et les mêmes annonceurs. 

La plainte auprès de la Commission par rapport à l’absence d’une TVA harmonisée a été envoyée par le groupe Mediaset lui-même. Si le gouvernement décidait d’abaisser les taxes sur les services satellite de Mediaset et de la RAI, les incidences seraient minimes pour Sky, qui concurrence les grandes chaînes gratuites. En revanche, en augmentant les taxes sur Sky, M. Berlusconi semble attaquer directement l’un des principaux concurrents de son empire télévisuel. 

De nombreux Italiens affichent leur mécontentement par rapport à cette initiative, non seulement pour des raisons politiques, mais aussi parce que les taxes supplémentaires se répercuteront sur eux. Ils devraient dès lors débourser davantage pour regarder les matchs de football, l’un des services les plus appréciés de Sky Italia.