L’Europe « apprend sa leçon » sur le terrorisme [FR]
Gijs M. de Vries, l'ancien coordinateur de la lutte anti-terroriste de l'UE a rendu des conclusions positives sur les efforts de l'Europe dans la lutte mondiale contre le terrorisme, mais selon lui, 'la bataille pour la conquête des coeurs et des esprits n'est pas encore gagnée'.
Gijs M. de Vries, l’ancien coordinateur de la lutte anti-terroriste de l’UE a rendu des conclusions positives sur les efforts de l’Europe dans la lutte mondiale contre le terrorisme, mais selon lui, ‘la bataille pour la conquête des coeurs et des esprits n’est pas encore gagnée’.
D’après Gijs M. de Vries, l’amélioration de la défense européenne contre le terrorisme dans les dernières années, suite aux attentats du World Trade Center en 2001, ont permis d’empêcher un grand nombre d’attentats.
Dans un discours prononcé au ‘Centre for European Policy Studies’ (CEPS) à Bruxelles le 10 septembre, il a déclaré qu’un des développements les plus intéressants était l’amélioration de la coordination nationale entre les services de renseignement, la police nationale, les bureaux de douanes et d’autres agences actives dans le respect de la loi.
Il souligne que le rôle principal dans la lutte contre le terrorisme doit être réservé aux Etats membres de l’UE, le rôle essentiel de l’Union consistera à aider les autorités nationales en dehors des frontières.
Selon de Vries, une des mesures les plus importantes a été d’évaluer les pairs au sein de l’organisation des structures nationales de coordination. En réponse, la Belgique a établi un centre national pour l’évaluation des menaces terroristes.
Après avoir occupé pendant trois ans le poste de coordinateur de lutte anti-terroriste de l’UE, un poste toujours vacant depuis son départ en mars dernier, de Vries se dit satisfait de l’amélioration de la coordination entre le Conseil, la Commission et les autre agences impliquées dans l’application de la loi; à savoir, Europol, Eurojust et Frontex.
Il a également lancé la création d’un groupe d’experts en terrorisme extérieur issus du secteur publique et du secteur privé, devant être annoncé par la Commission le 12 septembre, comme une étape supplémentaire dans la lutte contre la menace terroriste. Même si le groupe ne sera pas un organe consultatif de la Commission, il discutera des meilleures technologies modernes et des méthodes de recherches pour traiter les problèmes en matière de sécurité.
En ce qui concerne les nouvelles tendances de terrorisme, de Vries a souligné le phénomène de terrorisme de souche, devenu évident récemment lors des complots et tentatives de complots en Angleterre et en Allemagne, ainsi qu’à l’utilisation de plus en plus courante d’Internet comme moyen de véhiculer la propagande.
Pour contrer cette menace grandissante, Europol a lancé son projet de surveillance « Check the Web » cette année, projet destiné à surveiller et à analyser les activités des groupes terroristes islamistes sur Internet.
De Vries a conclu son discours en déclarant que le message de Ben Laden n’avait pas été écouté et que sa thèse selon laquelle la démocratie et l’Islam étaient incompatibles avait été rejetée. Selon lui, Al-Qaïda n’a pas réussi à atteindre certains de ses principaux objectifs, avant toutes choses, celui de renverser des régimes pro-Occidentaux dans les pays islamiques, comme ce fut le cas en Indonésie et au Pakistan.
Mais il a ajouté que ces réussites ne dissimulaient pas le fait que la menace n’ait pas diminué et que la lutte pour la conquête des cœurs et des esprits n’ait pas encore été gagnée.