L’Europe communique en anglais « abâtardi »

Suite à chaque élargissement, la correspondance interne de l’UE s’est de plus en plus dirigée vers l’anglais comme principale langue de travail, a-t-on pu entendre lors d’une conférence à Bruxelles cette semaine.  

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Suite à chaque élargissement, la correspondance interne de l’UE s’est de plus en plus dirigée vers l’anglais comme principale langue de travail, a-t-on pu entendre lors d’une conférence à Bruxelles cette semaine.

 

Bien que le Parlement européen ait une tendance plus prononcée au multilinguisme dans sa communication interne que la Commission et le Conseil, la nécessité de travailler sur la base d’une langue commune signifie que l’anglais est toujours prédominant, a dit Ambroise Perrin de l’association française « Défense de la Langue Française » (DLF).

La conférence, organisée par la DLF le 28 septembre était accueillie par l’ISTI, une haute école bruxelloise pour les traducteurs et interprètes.

En dépit de l’importance du pluralisme linguistique comme un des principes de l’Union, Christian Tremblay, de l’observatoire européen du plurilinguisme, a vivement souligné que l’Europe doit travailler avec une réalité de 23 langues officielles, en plus des langages régionaux et autres minorités.

Il a également dit que l’Union européenne doit s’assurer que les locuteurs natifs puissent travailler ensemble.

Par conséquent, le réel langage de travail au sein de la Commission européenne est une forme « abâtardie » d’anglais, parlée par la plupart des employés des institutions européennes, a dit Ludovic Laporte, de la DG Traduction.

Il a également dit qu’au sein de la Commission travaille une équipe de correcteurs, dont la tâche est de rendre l’anglais parfois boiteux de certain de textes originaux convenable pour la traduction. Il en était de même avec le français et l’allemand avant l’élargissement de 2004, a remarqué M. Perrin.

M. Laporte a admis qu’en fin de compte, Bruxelles sera peut être forcé de choisir l’anglais comme un compromis nécessaire au travail dans cet environnement multinational.

En conséquence, 80% de la communication interne de la Commission est désormais rédigée en anglais, a dit Catherine Vieilledent-Montfort de la DG Traduction. Seuls les textes finaux sont traduits dans les 23 langues officielles de l’UE, a-t-elle dit.

M. Laporte a soutenu que ceci est avant tout un développement postérieur à l’élargissement de 2004, après l’explosion linguistique amenée par l’élargissement européen aux pays de l’Est, qui a doublé le nombre de langues officielles du jour au lendemain. Avant ceci, il y avait nettement plus de communications écrites en français et en allemand, a-t-il dit.

Leur nombre a fortement baissé lorsque la nécessité de trouver une langue de travail commune à 25, puis à 27 Etats membres s’est imposée, a conclu la conférence.