L'expansion d'Heathrow suscite un tollé au Royaume-Uni [FR]

Une décision prise par le gouvernement britannique hier (15 janvier) de construire une nouvelle piste à l'aéroport d'Heathrow a rencontré une forte résistance de la part de riverains et de groupes environnementaux. 

Une décision prise par le gouvernement britannique hier (15 janvier) de construire une nouvelle piste à l’aéroport d’Heathrow a rencontré une forte résistance de la part de riverains et de groupes environnementaux. 

Geoff Hoon, secrétaire britannique aux Transports, a déclaré que l’extension créera jusqu’à 60 000 emplois et permettra au Royaume-Uni de rester un pays où le monde peut venir faire des affaires. Il a également averti que permettre à Heathrow de fonctionner à pleine capacité pourrait compromettre sa place d’aéroport majeur. 

La décision a été violemment critiquée par les riverains, certains d’entre eux étant confrontés au fait que leurs maisons seront détruites pour permettre l’extension. 
Parallèlement, les organisations écologiques ont déclaré que la nouvelle piste et le sixième terminal violeraient les normes européennes en matière de pollution et de bruit, et compromettraient les engagements britanniques de réduction des émissions de CO2 de 80 % d’ici à 2050. 

L’extension d’Heathrow était le premier grand test de crédibilité environnementale du gouvernement depuis le Climate Change Act de l’année dernière, a déclaré David Nussbaum, directeur exécutif du WWF britannique. Selon lui, le gouvernement a échoué de manière spectaculaire et en choisissant de soutenir une troisième piste, il a torpillé la crédibilité qu’il affiche. 

Il semble que la pollution de l’air causée par les deux pistes existantes de l’aéroport dépasse déjà les normes européennes obligatoires, que la Grande-Bretagne s’est engagée à respecter d’ici à 2015. 

Apaisant les craintes des détracteurs, Geoff Hoon a indiqué que la priorité serait donnée à des avions moins bruyants et plus propres lorsque des créneaux horaires seront attribués à la nouvelle piste. En outre, les vols supplémentaires partant de la nouvelle piste seront au départ limités à 125 000 par année, a-t-il ajouté. 

Le secrétaire aux Transports a également annoncé de nouveaux investissements dans les transports publics et a indiqué que le gouvernement considère actuellement la construction d’une nouvelle liaison ferroviaire reliant l’aéroport à Londres via des trains électriques à grande vitesse qui seront moins bruyants et qui émettront moins de CO2. 

Toutes ces mesures prises ensemble font que nous disposons du régime le plus sévère au monde en matière de changement climatique, a souligné M. Hoon aux députés. 

Greenpeace s’est toutefois opposé à ces déclarations, indiquant que Heathrow deviendrait désormais le plus grand émetteur de CO2 du Royaume-Uni. Si Gordon Brown pense qu’il s’agit d’une piste « verte », alors il doit être daltonien, a déclaré le directeur de Greenpeace John Sauve.