L'UE déplore les violences ethniques en Macédoine
La Commission européenne déplore une série d'attaques entre les communautés slave et albanaise en Macédoine et a demandé aux dirigeants politiques et à la société civile de gérer les « retombées émotionnelles » avec précaution. C'est ce qu'a déclaré hier (12 mars) un porte-parole du commissaire à l'élargissement, Štefan Füle.
La Commission européenne déplore une série d'attaques entre les communautés slave et albanaise en Macédoine et a demandé aux dirigeants politiques et à la société civile de gérer les « retombées émotionnelles » avec précaution. C'est ce qu'a déclaré hier (12 mars) un porte-parole du commissaire à l'élargissement, Štefan Füle.
Au cours de ces derniers jours, la Macédoine aurait souffert des pires actes de violence à caractère ethnique depuis le conflit armé entre l'Armée de libération nationale albanaise et les forces de sécurité macédoniennes en 2001. Ce conflit avait abouti à la conclusion des accords de paix d'Ohrid.
Les récents affrontements ont opposé des gangs rivaux de la communauté macédonienne majoritaire et de la communauté d'origine albanaise. Selon le ministère de l'intérieur et la police, des dizaines de personnes auraient été blessées.
Le conflit a éclaté après que deux hommes d'origine albanaise ont été abattus par la police lors d'une dispute concernant une place de parking à Gostivar, à l'ouest du pays.
Le président macédonien, Gjorge Ivanov, a déclaré dimanche qu'il convoquerait le Conseil national de sécurité si nécessaire. Il a appelé tous les citoyens à se comporter de manière responsable.
Le porte-parole de l'UE Peter Stano a déclaré que M. Füle se rendrait en Macédoine le 15 mars pour des discussions préliminaires. Il compte rappeler la nécessité d'appliquer les accords de paix d'Ohrid conclus en 2001.
Il s'agira d'un sujet à aborder lors des négociations d'adhésion entre Skopje et Bruxelles, a affirmé M. Stano. La Macédoine devrait entamer des discussions préliminaires avec l'UE dans le but de réduire la durée des négociations d'adhésion qui ne peuvent toujours pas avoir lieu en raison de son conflit avec la Grèce sur le nom du pays.
Bien que l'ancienne république de Yougoslavie ait obtenu le statut de candidat en 2005, cela fait sept ans qu'elle attend de pouvoir entamer les négociations. Les Grecs refusent en effet que le pays se désigne comme la « République de Macédoine » (voir « Contexte »).
Les 12 pays qui ont rejoint l'UE en 2004 et 2007 sont parvenus à clôturer leurs négociations d'adhésion en moins de six ans.
L'expert Dušan Relji? a récemment écrit que la nouvelle conflagration ethno-politique en Macédoine pourrait bouleverser le triangle composé du Kosovo, de l'Albanie et de l'ouest de la Macédoine, presque exclusivement peuplé d'Albanais, dont la plupart souhaiteraient être réunis au sein d'un seul Etat.
Toujours selon M. Relji?, le premier ministre conservateur, Nikola Gruevski, travaille avec hargne à la construction d'une identité macédonienne, ce qui exacerbe les tensions entre la population slave et albanaise dans le pays.
« Si le fossé déjà important entre les Macédoniens et les Albanais continue de se creuser, l'Etat macédonien sera en péril », a écrit M. Relji? dans un récent commentaire intitulé « Border Changes on the Cards again in the Western Balkans ».