La bibliothèque numérique de l’UE « plante » en raison de l’immense demande [FR]

Hier 20 novembre, en raison d’un engouement extraordinaire et de millions de visites, la bibliothèque de l’UE en ligne Europeana  « a planté » peu après son lancement. La Commission a indiqué qu’elle envisage relancer le site à la mi-décembre.

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Hier 20 novembre, en raison d’un engouement extraordinaire et de millions de visites, la bibliothèque de l’UE en ligne Europeana  « a planté » peu après son lancement. La Commission a indiqué qu’elle envisage relancer le site à la mi-décembre.

Le site Internet « Europeana », lancé hier par le président de la Commission José Manuel Barroso et par la ministre française de la Culture et de la communication Christine Albanel, donne accès à des centaines de milliers d’ouvrages, dont de nombreux livres rares voire épuisés. Il cherche à fournir un point d’accès commun aux ressources numérisées d’Europe. 

Au total, quelque deux millions de « numérisations d’objets » en provenance des 27 Etats membres ont été mises en ligne en plus de l’offre livresque, notamment des tableaux, de la musique, des cartes, des manuscrits et des journaux. Si la Commission estime que la quantité initiale de contenu en ligne est respectable, elle a toutefois reconnu que certains pays ne disposaient que de matériaux très limités. Le site Internet Europeana est disponible dans l’ensemble des langues de l’UE, à l’exception du maltais et du bulgare, qui seront ajoutés dans les mois à venir, selon la Commission.

Après des débuts prometteurs…

Hier matin, Viviane Reding, commissaire européenne à la Société de l’information et aux médias, a décrit le lancement de succès extraordinaire, indiquant que le site Internet avait reçu au moins dix millions de visites par heure au cours de sa première matinée d’activité. Jamais nous n’aurions imaginé un tel lancement, a-t-elle affirmé. 

… « Europeana » est mis hors ligne

Mais depuis lors, le site a été mis hors ligne après que ses serveurs se sont avérés incapables de faire face à cet intérêt extraordinaire. « Nous faisons tout notre possible pour rouvrir au plus vite Europeana sur une base plus robuste. Le service sera à nouveau disponible à partir de mi-décembre », indique la page d’accueil du site, qui fournit aujourd’hui 21 novembre des liens redirigeant l’utilisateur vers une page de démonstration d’Europeana. 

Martin Selmayr, porte-parole de la Commissaire Reding, a indiqué hier que si le site Europeana avait « planté » juste après son lancement, c’est en raison des trois serveurs du site, incapables de gérer la demande des visiteurs, qui se chiffraient à quelque 10 millions par heure. Il a affirmé qu’à la place, le site avait été relancé sur six serveurs. 

Le défi du contenu

Sur le plus long terme, reste à voir si le portail, qui recevra 2 millions d’euros de financement européen par année sur la période 2009-2011, répondra au défi de fournir suffisamment de contenu. Jusqu’ici, 1 000 institutions culturelles ont promis de fournir du matériel en ligne. 

La commissaire Reding souhaite que le site Internet dispose de dix millions d’objets d’ici 2010, mais cet objectif pourrait être entravé par des questions liées aux droits d’auteur. C’est au détenteur du matériel de décider des éléments à inclure sur le portail, alors qu’il a été demandé aux Etats membres d’installer des portails nationaux qui feront office d’aggrégateurs de contenus pour Europeana. 

De son côté, le président de la Commission José Manuel Barroso a signalé lors du lancement du site qu’Europeana avait le potentiel de modifier la perception de la culture européenne. A son avis, il sera ainsi plus facile pour les Européens de prendre conscience de leur passé et de leur identité européenne commune. 

Par ailleurs, cette initiative permettra au reste du monde de se rendre compte des contributions considérables de l’Europe à la littérature, aux arts, à la politique, à l’histoire, à la science, à l’architecture, à la musique et au cinéma, tout en préservant l’héritage culturel européen pour les générations à venir, a indiqué M. Barroso. 

Favorable à l’industrie

Saluant le lancement d’Europeana, Santiago de la Mora, responsable des partenariats européens auprès du géant de la recherche Internet Google, a estimé que plus les projets de ce type sont nombreux, plus les lecteurs et les chercheurs du monde entier pourront consulter facilement des ouvrages et d’autres matériaux qui sont actuellement dispersés aux quatre coins du globe et difficilement accessibles. 

Le mois dernier, Google lui-même a d’ailleurs réglé les plaintes formulées par des éditeurs américains à propos des questions de droits d’auteur liées à son site Recherche de Livres. Google espère qu’Europeana complétera sa propre plateforme. 

L’entreprise estime que le projet Recherche de Livres, qui présente plus de sept millions d’ouvrages en version intégrale, créera de nouveaux marchés pour les livres épuisés.