La coalition de Merkel perd sa majorité après le vote dans un Land clé

Les partis de coalition de centre droit de la chancelière allemande Angela Merkel ne sont  pas parvenus à conserver leur majorité dans un vote régional dimanche (9 mai), la privant d'une majorité à la chambre haute du parlement, après qu'elle ait provoqué la colère d'un grand nombre de personnes avec l'aide grecque.

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Les partis de coalition de centre droit de la chancelière allemande Angela Merkel ne sont  pas parvenus à conserver leur majorité dans un vote régional dimanche (9 mai), la privant d'une majorité à la chambre haute du parlement, après qu'elle ait provoqué la colère d'un grand nombre de personnes avec l'aide grecque.

L'échec de son camp dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie (RNW) est un coup dur pour Mme Merkel, six mois seulement après avoir débuté son deuxième mandat. Il signifie qu'elle devra s'en remettre aux partis d'opposition pour respecter son programme politique, qui comprend notamment des réductions d'impôt.

Des projections de la chaîne ZDF, basées sur les résultats, donnent aux Chrétiens démocrates de Mme Merkel (CDU) 34,3 % des voix et 6,6 % à ses alliés du Parti libéral démocrate (FDP). Ils ne rassemblent donc pas une majorité, alimentant des doutes quant à la composition du prochain gouvernement de RNW.

Le Parti social-démocrate (SPD) allemand, principal parti d'opposition, a réuni 34,5 % des voix – une très faible avance par rapport à la CDU, selon ces projections. Les résultats finaux sont attendus en cours de soirée.

Du point de vue d'un investisseur, c'est un nouveau signal d'avertissement pour le capital étranger que tout ne va pas pour le mieux en Europe, a déclaré Andrew Bosomworth, gestionnaire de portefeuille au sein de PIMCO Europe, entreprise d'investissement.

Un leadership fort est nécessaire en ces temps de crise, or, ce qu'on devrait voir dans la situation actuelle, c'est une dilution du leadership. Ce n'est pas quelque chose qui va augmenter la confiance dans l'euro.

L'élection était largement considérée comme un référendum sur le gouvernement de Mme Merkel et s'est tenu juste deux jours après le vote de sa coalition au parlement pour libérer des milliards d'euros d'aide à la Grèce criblée de dettes – une décision profondément impopulaire auprès de l'opinion.

Ce résultat laisse le gouvernement de Mme Merkel affaiblit à un moment où les investisseurs sont également inquiets en ce qui concerne le leadership politique au Royaume- Uni – l'une des plus grosses économies européennes avec l'Allemagne – à la suite d'une élection parlementaire indécise.

C'est une défaite amère pour la CDU au niveau régional et national, a déclaré Gerd Langguth, expert politique à l'Université de Bonn et biographe de Mme Merkel.

La CDU a perdu 10,5 points de pourcentage depuis l'élection de 2005 et un de ses membres, Willy Wimmer, a même appelé à la démission de Mme Merkel.

Il n'a pas précisé s'il se référait à son poste de chancelière ou de chef de la CDU.

La faute aux dettes grecques

Les analystes ont souligné que la crise de la dette grecque avait porté préjudice au parti de Mme Merkel.

Les Allemands ne veulent pas que leur pays devienne l'intendant général d'Europe, a déclaré M. Langguth.

Les partis d'opposition ont attaqué Mme Merkel pour sa gestion de la crise grecque après qu'elle se soit au départ opposée à toute aide en raison du mécontentement populaire causé par l'éventualité d'un renflouage.

Son vice-chancelier, le dirigeant du FDP Guido Westerwelle, a déclaré que le résultat de l'élection régionale était un coup dur. C'est un signal d'avertissement pour les partis du gouvernement fédéral, a-t-il affirmé.

La CDU et le FDP étaient au pouvoir en RNW depuis 2005, et leur coalition était le reflet d'un accord de partage du pouvoir conclu au niveau national après les élections fédérales de septembre dernier, perdues par les Sociaux-démocrates.

Le SPD est de retour ! a déclaré devant ses partisans en joie la chef du parti dans la RNW, Hannelore Kraft, après les premiers résultats de sortie des urnes, ajoutant qu'elle souhaitait gouverner avec les Verts.

Il y a quelques 13,5 millions d'électeurs éligibles en Rhénanie du nord-Westphalie et son économie représente à peu près le même poids que celles de la Pologne et de la République tchèque combinées.

La défaite pour le ministre président Juergen Ruettgers (CDU) pourrait signaler un tournant de la vie politique allemande, dont le curseur s'est déplacé en faveur de la CDU tout au long de la dernière décennie.

La projection de la ZDF a montré que les Verts étaient les grands vainqueurs, gagnant 6,2 points de pourcentage à 12,4 % et le Parti de gauche 5,7 %.

La perte de la majorité CDU-FPD en RNW signifie que Mme Merkel ne peut plus compter sur le Bundesrat, la chambre haute, composée des représentants des Etats, pour soutenir ses politiques.

Elle a besoin de l'accord du Bundesrat pour son programme politique, notamment les réductions d'impôt, la réforme de la santé et l'extension de la durée de vie des centrales nucléaires.

La perte de la majorité au Bundesrat n'est pas un problème insurmontable pour la chancelière mais cela va compliquer la tâche de sa coalition pour mettre en œuvre certaines politiques clefs, a expliqué M. Langguth.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV).