La France enquête sur l'ingérence présumée d'une entreprise israélienne dans les élections municipales

Le journal français Libération et le journal israélien Haaretz ont cité les noms des entreprises qui seraient responsables

EURACTIV.com
[Gerard Bottino/SOPA Images/LightRocket via Getty Images]

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour déterminer si une entreprise israélienne s’est ingérée dans les élections municipales françaises, après que plusieurs candidats d’extrême gauche ont affirmé avoir été la cible de campagnes de désinformation.

L’enquête examinera les allégations de trois membres du parti d’extrême gauche La France Insoumise, selon lesquelles ils auraient été victimes de campagnes de dénigrement comprenant de fausses accusations, des manipulations sur les réseaux sociaux et des visuels de campagne falsifiés.

Parmi eux figurent Sébastien Delogu, de Marseille, et François Piquemal, de Toulouse, qui ont perdu les élections, ainsi que David Guiraud, de Roubaix, qui a remporté le scrutin et est devenu maire.

« Vous prenez votre voiture et vous voyez un panneau avec votre nom et un QR code qui renvoie vers de fausses accusations de viol », a indiqué Delogu aux journalistes la semaine dernière.

Piquemal a déclaré que sa campagne avait été confrontée à « la création de pages sur les réseaux sociaux colportant les pires rumeurs », ainsi qu’à la publication de ses mots de passe sur les réseaux sociaux.

Le trio a affirmé avoir été pris pour cible en raison de son soutien à la cause palestinienne.

L’affaire a été ouverte après que Viginum, l’organisme gouvernemental français chargé de lutter contre la désinformation en ligne, a déclaré avoir constaté un « dispositif de diffusion artificielle ou automatisée pour propager des contenus manifestement inexacts ou trompeurs ».

« Cette campagne malveillante, impliquant un acteur localisé à l’étranger, est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, dans la mesure où elle cherche délibérément à altérer l’information des citoyens », a expliqué l’agence.

Une source proche de l’affaire a déclaré à l’AFP que ces campagnes semblaient être menées depuis Israël, deux quotidiens de gauche – Libération en France et Haaretz en Israël – ayant cité les noms des entreprises qui en seraient responsables.

L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer immédiatement ces informations.

Les procureurs ont indiqué qu’à ce jour, ils n’avaient constaté aucun indice laissant supposer une implication du gouvernement israélien.

« La notion d’ingérence ne vise pas les intérêts d’une personne ou société étrangère, mais d’un Etat étranger, et aucune suspicion d’une intervention de ce type… n’a été signalée. »

(sma)