La Commission accusée de discriminer les interprètes en se fondant sur leur âge [FR]

La Commission européenne fait preuve de discrimination à l’égard des interprètes freelance âgés de plus de 65 ans en ne leur offrant pas de travail. C’est ce qu’a indiqué hier 15 décembre le médiateur européen P. Nikiforos Diamandouros, qui a demandé aux eurodéputés de soutenir ses déclarations. Mais l’exécutif européen a indiqué qu’une telle action est justifiée par le besoin de donner de l’emploi aux jeunes employés nouvellement qualifiés.

La Commission européenne fait preuve de discrimination à l’égard des interprètes freelance âgés de plus de 65 ans en ne leur offrant pas de travail. C’est ce qu’a indiqué hier 15 décembre le médiateur européen P. Nikiforos Diamandouros, qui a demandé aux eurodéputés de soutenir ses déclarations. Mais l’exécutif européen a indiqué qu’une telle action est justifiée par le besoin de donner de l’emploi aux jeunes employés nouvellement qualifiés.

Hier, le médiateur a présenté au Parlement européen un rapport faisant suite à son projet de recommandation présenté début décembre. Selon le rapport, la décision prise par la Commission en 2005 de refuser du travail à un interprète freelance belge parce qu’il était âgé de 65 ans constitue un cas de mauvaise administration. 

M. Diamandouros a conseillé l’exécutif de chercher une solution à l’amiable. Il lui a proposé d’abandonner sa politique, adoptée en 2005, qui impose une interdiction absolue de recruter des interprètes freelance âgés de plus de 65 ans. Il demande également d’indemniser le plaignant en conséquence. 

Mais la Commission a refusé de suivre ses recommandations en invoquant l’évolution démographique alarmante de la profession. Sa politique de recrutement vise donc à garantir la durabilité à long terme de son équipe de traducteurs. Le but de cette politique est de « maintenir une offre de travail appropriée pour les jeunes
interprètes nouvellement formés et d’assurer par là une réserve de nouveaux
entrants » sur le marché, a-t-elle déclaré. 

Dans son rapport, le médiateur appuie sa position initiale, appelant l’exécutif européen à respecter le principe de non-discrimination dans le cadre de sa politique de recrutement. Il l’accuse en outre de ne pas disposer de raisons suffisantes pour justifier son refus d’employer des interprètes freelance âgés de plus de 65 ans. 

Justifiant sa décision de soulever la question avec le Parlement, le médiateur a indiqué qu’il se rendait bien compte que fournir suffisamment de possibilités d’emplois pour les nouveaux entrants constituait un « objectif légitime ». Il n’est toutefois pas « convaincu » qu’une « interdiction totale » de recruter des interprètes âgés de plus de 65 ans soit un moyen «approprié et nécessaire» d’atteindre cet objectif.

Quant à l’interprète belge, qui a travaillé pendant plus de 35 ans pour l’exécutif européen, il s’est adressé au médiateur après avoir subi le même traitement de la part du Parlement européen. En conséquence, les eurodéputés ont amendé la politique de recrutement du Parlement pour que celle-ci se fonde uniquement sur les capacités professionnelles des interprètes. 

« Le Parlement européen a aboli ses pratiques discriminatoires suite à mon intervention. Il est donc d’autant plus regrettable que la Commission continue à discriminer certaines personnes en raison de leur âge », a indiqué M. Diamandouros. 

Ce n’est pas la première fois que le département linguistique de la Commission est vivement critiqué par le médiateur européen. En mai dernier, M. Diamandouros avait indiqué que le refus de la Commission d’accepter des candidatures rédigées dans toutes les langues officielles de l’UE dans ses travaux en matière d’aide extérieure constituait un cas de la mauvaise administration. L’exécutif européen a répondu qu’accepter toutes les candidatures n’était tout simplement pas possible (EURACTIV 28/05/08).