« La diplomatie numérique » pour ouvrir l'accès à la culture européenne
L'Union européenne devrait rendre son contenu culturel varié plus accessible dans le monde entier par l'intermédiaire d'investissements accrus dans les diplomatie culturelle et plus particulèrement numérique, a déclaré l'eurodéputé libérale néerlandaise Marietje Schaake lors d'une entretien accordé à EURACTIV.
L'Union européenne devrait rendre son contenu culturel varié plus accessible dans le monde entier par l'intermédiaire d'investissements accrus dans les diplomatie culturelle et plus particulèrement numérique, a déclaré l'eurodéputé libérale néerlandaise Marietje Schaake lors d'une entretien accordé à EURACTIV.
« L'UE fait partie des zones les plus riches et les plus diversifiées culturellement dans le monde, mais elle en fait trop peu pour prendre la position de chef de file en utilisant cet avantage », a expliqué Mme Schaake qui a rédigé un rapport du Parlement européen sur les dimensions culturelles des actions extérieures de l'UE.
La commission de la culture a adopté son rapport à l'unanimité au mois de mars et il fut débattu puis adopté hier (12 mai) lors d'une session plénière à Strasbourg.
Ce rapport souligne l'importance de la coopération culturelle avec les pays étrangers afin de faire progresser les intérêts et les valeurs de l'Europe dans le monde. Il s'agit notamment de la démocratie, des droits de l'Homme, de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix.
Mme Schaake déplore que la Chine, l'OTAN et les Etats-Unis investissent dans la diplomatie culturelle et numérique, alors que dans l'UE, la culture est plutôt considérée comme un domaine où faire des économies.
Elle a fait remarquer que plusieurs départements de la Commission européenne (commerce, développement, culture et éducation, relations extérieures) étaient impliqués dans la politique culturelle extérieure de l'UE, mais que leurs actions n'étaient pas suffisamment coordonnées.
L'eurodéputée voit l'établissement du service européen pour l'action extérieure (SEAE) comme une opportunité parfaite pour « rationaliser et coordonner les programmes culturels ».
De plus, « même si l'UE dispose d'un contenu culturel attractif et diversifié, celui-ci doit être plus accessible aux populations du monde entier. Nous devons également offrir davantage d'informations à propos de l'UE en général et sur les programmes culturels via Internet », a déclaré Mme Schaake.
Défendre la liberté d'Internet
Interrogée sur le type d'action qui pourrait stimuler la « diplomatie culturelle » de l'UE, Mme Schaake a mentionné la promotion de la liberté de l'Internet, affirmant que la culture, les valeurs et les libertés étaient fortement interconnectées.
La stratégie de l'UE en matière de diplomatie culturelle devrait se concentrer sur la « diplomatie numérique », a-t-elle ajouté, expliquant qu'en « permettant à davantage de personnes de se connecter sans être censurés, plus de personnes pourraient avoir accès aux informations et aux contenus culturels » et ainsi faire l'expérience de la diversité culturelle numérique de l'Europe.
« La culture, les valeurs et les libertés sont fortement interconnectées et il s'agit donc d'une question stratégique pour l'Europe », a-t-elle continué, ajoutant que les personnes, les artistes, les étudiants et les entrepreneurs étaient souvent les meilleurs ambassadeurs et que la culture pouvait faciliter les contacts lorsque les relations politiques sont bloquées ou en péril.
Diversité linguistique
Mme Schaake a souligné que les langues européennes faisaient naturellement partie de son héritage culturel et de sa diversité. Elle a également noté que les langues étaient déjà utilisées comme un instrument voué à développer les relations culturelles, citant l'Alliance française en exemple.
Toutefois, l'eurodéputée pense que l'UE pourrait en faire davantage pour promouvoir sa diversité linguistique et apprendre de l'expérience des organisations de la société civile dans ce domaine.
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