La droite en tête de la présidentielle à Chypre

Le candidat conservateur, favorable à un plan de sauvetage international de Chypre, est arrivé largement en tête du premier tour.

EURACTIV.fr
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Le candidat conservateur, favorable à un plan de sauvetage international de Chypre, est arrivé largement en tête du premier tour.

Nicos Anastasiades n’aura pas réussi l’exploit d’être élu dès le premier tour comme l’ont laissé présagé un temps les sondages à la sortie des urnes. Mais le prétendant conservateur à la présidence de Chypre a recueilli 45,4% des suffrages.

Pire crise depuis 40 ans

Les résultats officiels ont été annoncés dans la soirée, dimanche 17 février, par le ministère de l’Intérieur.

Avocat de 66 ans, il devance largement le prétendant de gauche Stavros Malas (26,9%), soutenu par les communistes qui dirigeaient jusqu’à présent l’île.

Candidat indépendant, George Lillikas a obtenu 24,9% des voix.

Le second tour se déroulera dimanche 24 février.

Ce scrutin est perçu en Europe comme une étape essentielle du sauvetage financier de ce petit pays, dont les difficultés menacent de ruiner les efforts de la zone euro pour sortir de la crise des dettes souveraines.

La crise économique a été au coeur de la campagne au point d’éclipser la traditionnelle question de la réunification avec la partie Nord de l’île, autonome depuis l’invasion de l’armée turque durant l’été 1974.

« Il faut reconstruire le pays, réhabiliter Chypre au sein de l’Union européenne. Nous avons besoin d’un dirigeant fort pour rebâtir le pays », disait avant le scrutin Kyriakos Iacovides, directeur du quotidien Cyprus Mail. Chypre est un cas exemplaire des difficultés de la zone euro.

Doutes européens 

Le pays a sollicité en 2012 une aide financière extérieure en raison des pertes subies par ses banques à la suite de la restructuration de la dette de la Grèce. Il ne peut plus se financer sur les marchés depuis mai 2011. Il a désormais besoin d’environ 17 milliards d’euros.

La somme est relativement faible à l’échelle de la zone euro mais elle équivaut à la richesse annuelle produite par le pays.

Restructurer la dette ou laisser les banques subir leurs pertes, aucune solution ne semble satisfaisante. Elles ébranleraient toutes les deux la fragile confiance des marchés financiers dans les mécanismes difficilement mis au point par la zone euro pour tenter de sauver ses pays les plus menacés.

La situation est compliquée par l’implication de la Russie dans le système financier chypriote et par les doutes européens, en particulier allemands, sur la sincérité des efforts de lutte contre le blanchiment d’argent de la part des autorités de l’île.

Autrement dit, certains au sein de la zone euro renâclent à sauver un système bancaire soupçonné d’abriter des fonds jugés douteux.