La Finlande « repense » sa candidature à l’OTAN sans la Suède
Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, a dit que la Finlande pourrait demander l’adhésion à l’OTAN sans la Suède après l’annonce turque de ne pas soutenir la candidature de Stockholm, froissant de nombreux esprits en Suède et en Finlande.
Après la déclaration de la Turquie selon laquelle Ankara ne soutiendrait pas la candidature de Stockholm à l’OTAN, les commentaires du ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, qui a déclaré que la Finlande pourrait demander l’adhésion à l’OTAN sans son partenaire suédois, ont agité de nombreux esprits en Suède et en Finlande.
La Finlande et la Suède, qui ont demandé l’adhésion à l’OTAN dans le cadre d’une candidature commune, ont vu leurs demandes bloquées par la Turquie et la Hongrie — les deux seuls États de l’OTAN qui n’ont pas encore ratifié l’adhésion dans leurs lois respectives.
La Suède, pour sa part, a vu ses espoirs d’adhésion s’envoler davantage lundi (23 janvier) après que le président turc Recep Tayyip Erdogan, réagissant à des manifestants à Stockholm qui ont accroché une effigie de lui et brûlé un exemplaire du Coran, a déclaré que le pays ne devait pas compter sur le soutien de la Turquie.
Commentant la tournure des événements, M. Haavisto a déclaré dans une interview accordée à YLE mardi que la Finlande pourrait devoir « repenser » sa stratégie concernant sa candidature à l’OTAN.
À la suite de ses remarques, que beaucoup ont qualifiées de gaffe, et après des entretiens avec son homologue suédois Tobias Billström et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, M. Haavisto a tenu une conférence de presse.
Au cours de celle-ci, il a confirmé l’engagement de la Finlande en faveur d’une candidature commune à l’OTAN avec la Suède, tout en assurant que des solutions de rechange ne seraient recherchées que si la candidature suédoise était définitivement compromise.
Indépendamment du rétropédalage de M. Haavisto, il semble que le mal soit fait, et les observateurs estiment qu’il a ouvert la boîte de Pandore.
Ces commentaires ont relancé une discussion sur la possibilité pour la Finlande de demander la ratification de la Turquie et de la Hongrie sans la Suède, discussion qui avait déjà eu lieu l’automne dernier, selon le tabloïd Iltalethi.