La flexicurité fait débat entre les partenaires sociaux

La semaine de l’emploi, qui s’est déroulée du 5 au 6 juin à Bruxelles, a essentiellement porté sur la « flexicurité ». Ce concept d’origine scandinave, qui mêle « flexibilité » des emplois et « sécurité » des salariés, divise les partenaires sociaux dans les discussions sur la réforme du marché du travail de l’UE.

La semaine de l’emploi, qui s’est déroulée du 5 au 6 juin à Bruxelles, a essentiellement porté sur la « flexicurité ». Ce concept d’origine scandinave, qui mêle « flexibilité » des emplois et « sécurité » des salariés, divise les partenaires sociaux dans les discussions sur la réforme du marché du travail de l’UE.

En Bref :

EURACTIV.com a organisé le 5 juin un échange de points de vue entre trois représentants des partenaires sociaux sur le thème de la flexicurité. Ces derniers étaient réunis à Bruxelles dans le cadre des négociations sur la réforme du marché de l’emploi en Europe. Leurs points de vue, très différents, reflètent les désaccords sur le concept nordique de « flexicurité », qui combine facilité d’embauche et de licenciement et haut niveau de protection sociale. L’entretien a également porté sur les compétences des législateurs et leur rôle dans le domaine de l’emploi.

Gerhard Huemer, directeur des affaires économiques à l’UEAPME, l’Union européenne des petites et moyennes entreprises, estime qu’un certain degré d’harmonisation est nécessaire au niveau européen : « L’UE a le pouvoir de définir des normes minimales en matière de politiques du marché du travail et de politiques sociales ».

Toutefois, Marc Stocker, haut conseiller en affaires économiques et financières auprès de l’association européenne des employeurs BusinessEurope, a un point de vue radicalement opposé; il soutient que « les politiques sociales et de l’emploi font partie du domaine réservé des États membres ».

M. Stocker souligne que la « flexicurité est un concept attrayant car il permet d’allier compétitivité et protection sociale ». 

Il a également précisé : « La mondialisation et les progrès technologiques exigent de la réactivité pour que les atouts des entreprises soient pleinement exploitables. Trouver de nouvelles combinaisons entre protection sociale et flexibilité économique est donc fondamental pour créer davantage d’emplois et stimuler la productivité ».

Ronald Janssen, conseiller sur les politiques du marché du travail auprès de la Confédération européenne des syndicats (CES) recommande à l’UE de mettre un frein au dumping social en Europe. Selon lui, l’UE « a le pouvoir de mettre en place de meilleures règles pour mettre un terme à la concurrence sur le marché intérieur, néfaste aux travailleurs ».

Il craint également que le débat sur la « flexicurité » ne cache d’autres objectifs : « Le véritable danger qui se cache dernière le terme ’flexicurité’ semble être la destruction de l’emploi protégé, en donnant davantage de pouvoir aux employeurs pour imposer des salaires plus bas ». 

« La question centrale est donc de savoir si…. les organisations patronales….souhaiteront  s’engager ou non dans un dialogue authentique et significatif sur l’équilibre adéquat entre la flexibilité et la sécurité. Et non pas simplement poursuivre des intérêts limités ».

Les États précurseurs en matière de flexicurité ont été les pays scandinaves tels que le Danemark ou la Suède. Ce système a connu un important succès et intéresse aujourd’hui beaucoup de gouvernements européens. Nicolas Sarkozy, a souvent évoqué ce modèle au cours de sa campagne présidentielle. Le nouveau gouvernement français souhaite négocier avec les partenaires sociaux afin d’adapter la flexicurité au cadre français du travail.

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