La France baisse le ton sur la présidence de l'UE [FR]
Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a revu à la baisse les attentes de la prochaine présidence de l'UE, dans un contexte de tensions croissantes avec les partenaires sur la politique européenne du président Nicolas Sarkozy. EURACTIV France enquête.
Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a revu à la baisse les attentes de la prochaine présidence de l’UE, dans un contexte de tensions croissantes avec les partenaires sur la politique européenne du président Nicolas Sarkozy. EURACTIV France enquête.
La volonté du gouvernement français d’adopter une approche plus discrète concernant sa présidence de l’UE a été exprimée pour la première fois par le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet à Bruxelles, le 23 janvier.
M. Jouyet déclaré que la présidence de la France serait « modeste dans son style, ambitieuse dans ses objectifs, et réaliste ». En outre, il a souligné la volonté de la France de convaincre ses partenaires qu’elle adopterait une approche « collective ». « Une équipe, pour gagner, doit avoir un fond de jeu collectif, quand bien même il y aurait une star dans l’effectif », a-t-il indiqué.
De plus, l’Elysée a déclaré que le gouvernement ne ferait aucune déclaration significative concernant la présidence de l’UE avant le mois de juin, afin de donner davantage de marge de manœuvre à la Slovénie.
Le 8 janvier, la déclaration officielle du président N. Sarkozy concernant les priorités de son gouvernement pour la présidence a suscité la consternation de ses partenaires européens. En effet, au même moment, la Slovénie présentait les objectifs de sa propre présidence.
La déclaration de M. Sarkozy sur le souhait de la France que l’Europe ait de nouvelles politiques en matière d’immigration, de défense, d’énergie et d’environnement d’ici la fin de sa présidence a irrité certains Etats membres, notamment l’Allemagne, qui estime avoir été particulièrement visée sur un certain nombre de questions fondamentales.
De plus, les commentaires régulièrement formulés par Henri Guaino, conseiller spécial de l’Elysée, concernant la politique européenne de concurrence qu’il juge « absurde » et l’approche de la Banque centrale européenne qui « ne favorise pas la croissance », agacent également de plus en plus les partenaires européens de la France, ainsi que la Commission.
Enfin, l’Allemagne et la Slovénie ont exprimé leurs doutes vis-à-vis du projet d’Union méditerranéenne proposé par M. Sarkozy. Beaucoup craignent en effet que cela n’entraîne une division au sein de l’UE entre les pays méditerranéens et non méditerranéens (EURACTIV 13/12/07).