La France ouvre son marché du travail à l’Est de l’UE

Soucieux d’obtenir le soutien des Polonais, un mois avant le début de la Présidence française de l’UE, Nicolas Sarkozy a annoncé l’ouverture totale des frontières françaises aux travailleurs de l’Est et la signature d’un partenariat stratégique, lors d’un Sommet franco-polonais à Varsovie.

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Soucieux d’obtenir le soutien des Polonais, un mois avant le début de la Présidence française de l’UE, Nicolas Sarkozy a annoncé l’ouverture totale des frontières françaises aux travailleurs de l’Est et la signature d’un partenariat stratégique, lors d’un Sommet franco-polonais à Varsovie.

« Il est temps pour la France de lever les dernières restrictions à la libre circulation des travailleurs polonais comme des travailleurs des autres États qui ont rejoint l’Union en 2004 », a affirmé Nicolas Sarkozy lors de son discours devant la Diète, l’assemblée parlementaire polonaise, mercredi 28 mai.  

Deuxième du genre après le Sommet franco-polonais d’Arras en février 2005, cette rencontre a été l’occasion pour le chef de l’État d’annoncer l’ouverture du marché du travail français aux travailleurs de sept pays ayant adhéré à l’UE en 2004. Les États membres concernés sont donc  : la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, et les trois pays baltes.

Quid du fantasme du plombier polonais?

Lors de l’élargissement de 2004, des périodes transitoires, avant l’application effective de la libre circulation des travailleurs, ont été mises en place par les pays qui le souhaitaient. Certains États membres, comme la Grande-Bretagne ou l’Irlande, ont fait le choix d’une application immédiate de cette liberté de circulation.

D’autres, comme la France, ont pleinement utilisé cette possibilité d’instaurer une période transitoire. Celle-ci pouvait durer jusqu’au 1er mai 2009 et, sous certaines conditions, jusqu’au 1er mai 2011.  

Un an avant l’échéance, la France a donc décidé d’ouvrir entièrement son marché du travail. « Le développement de l’économie polonaise est la meilleure réponse au fantasme du « plombier polonais » (qui avait défrayé la chronique lors de la campagne référendaire en France en 2005), a souligné le président français devant la diète. 

Mais il s’agit plus en l’occurrence d’un effet d’annonce pour obtenir le soutien de la Pologne sur certains dossiers clés, notamment le pacte européen de l’immigration et la réforme de la politique agricole commune, qui seront défendus par la France lors de sa prochaine présidence de l’UE. (EURACTIV.fr 21/12/07)

L’Hexagone a en effet ouvert en partie son marché du travail dès 2006, et seuls quelque milliers de travailleurs sont venus s’installer. Un phénomène également constaté au Royaume-Uni. Le pays, qui avait pleinement ouvert ses frontières dès 2004, avait alors accueilli près d’un million de travailleurs des pays de l’Est. La moitié sont déjà retournés dans leur pays d’origine.

Un partenariat stratégique de plus

La dimension bilatérale n’a pas été pas en reste lors du Sommet. Célébrant l’amitié franco-polonaise, Nicolas Sarkozy s’est entretenu successivement avec le président de la République  polonais, Lech Aleksander Kaczy?ski, et le premier ministre, Donald Tusk. Un partenariat stratégique, à l’instar de ceux déjà mis en place par la France avec la Roumanie et la Hongrie, a été signé entre Paris et Varsovie. Cet accord couvre des domaines variés, de la coopération universitaire, à la recherche, en passant par la défense.

A ce sujet, Nicolas Sarkozy n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler à la Pologne qu’il attendait son soutien pour le renforcement de la politique européenne de défense. Ménageant la susceptibilité de son hôte, très attaché à l’alliance transatlantique, Nicolas Sarkozy a précisé dans son discours : « Aujourd’hui je voudrais que chacun comprenne que l’Europe aux côtés de ses alliés et de ses amis américains doit être capable d’assumer aussi sa part de défense et de sécurité ».

Le président est avant tout venu chercher du soutien à l’Est à la veille de la Présidence française de l’Union européenne. « Nous ferons tout pour associer la Pologne à la bonne marche de l’Europe et je sais que le soutien de la Pologne sera décisif pour le succès de la Présidence française », a-t-il d’ailleurs martelé dans son discours. Force est de constater que certains projets français sont moins soutenus que d’autres par la Pologne, à l’instar du projet d’Union pour la Méditerranée.

Plus intéressée par l’Est, et notamment par l’Ukraine, la Pologne vient de plaider, avec la Suède, pour une politique de voisinage davantage tournée vers l’Est de l’Union européenne (lire EURACTIV.fr 25/05/08). Une demande qui semble avoir été au moins entendue par le chef de l’État. Ce dernier a évoqué l’idée d’un «partenariat ambitieux» entre l’UE et l’Ukraine, tout en soulignant que « sur le principe, la France était favorable à l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan. »