La France première bénéficiaire du Fonds d’ajustement à la mondialisation

Depuis le 1er janvier 2007, l’Union européenne a mis en place le Fonds d’ajustement à la mondialisation. Doté de 500 millions d’euros, il a pour but de réduire les conséquences sur l’emploi provoquées par les délocalisations. Les premières entreprises européennes à bénéficier de cette aide européenne sont françaises.

Depuis le 1er janvier 2007, l’Union européenne a mis en place le Fonds d’ajustement à la mondialisation. Doté de 500 millions d’euros, il a pour but de réduire les conséquences sur l’emploi provoquées par les délocalisations. Les premières entreprises européennes à bénéficier de cette aide européenne sont françaises.

En Bref  :

En 2005, alors que la France venait de dire non à la constitution et accusait l’Europe de ne pas protéger ses citoyens face aux dangers de la mondialisation, l’ancien président de la République, Jacques Chirac, a demandé aux institutions européennes de réagir.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a alors relancé l’idée d’un fonds « antichoc », alimenté par les États membres. Ce fonds permettrait de réduire les effets d’une délocalisation en proposant aux employés des aides « actives ». Ce mécanisme se rapproche de la fléxicurité des pays scandinaves, qui investissent plus dans les allocations de recherche d’emploi, de mobilité et de formations que dans les aides « passives », comme les allocations chômage ou les retraites anticipées.

Cette idée de Fonds d’ajustement à la mondialisation n’est pas nouvelle à Bruxelles. Elle avait pourtant toujours été rejetée par les États membres, y compris par la France.

Les premières entreprises européennes qui bénéficieront d’une telle aide sont françaises. Bruxelles a débloqué, le 26 juin dernier, 3,8 millions d’euros pour aider les salariés français des entreprises sous-traitantes de PSA Peugeot-Citroën et Renault. «Nous avons répondu à un réel besoin au niveau de l’UE, en l’occurrence celui ressenti par le secteur de l’industrie automobile qui a expérimenté le côté négatif de la mondialisation avec la perte d’emploi d’un nombre élevé de personnes»,  a souligné le commissaire européen à l’Emploi et aux Affaires sociales, Vladimir Spidla.

Le secteur de l’automobile est touché depuis plusieurs années par les délocalisations vers l’Europe centrale et orientale. Renault s’est installé en Roumanie pour construire son modèle de Logan, et PSA Peugeot-Citroën en République tchèque et Slovaquie.  La concurrence est en effet de plus en plus rude pour les constructeurs français. La part de marché du groupe PSA Peugeot-Citroën est passée de 14,3 % en 2005 à 13,9 % en 2006 en Europe, celle de Renault a chuté de 9,8 % à 8,6 %.  

Le sous-traitant « Cadence Innovation », qui travaille pour Renault sur les sites de Haute-Normandie, du Nord–Pas de Calais, d’Alsace et des Pays-de-la-Loire, devrait toucher 2,6 millions d’euros pour 628 reclassements. Dans le cas de PSA, la somme s’élève à 1,3 million d’euros en faveur des 267 personnes ayant perdu leur travail chez le sous-traitant « Ateliers Thomé Génot », dans le département des Ardennes. Le feu vert du Conseil des ministres de l’Union européenne est encore nécessaire. La décision finale est attendue dans quatre mois.