La Russie joue la carte du gaz pour garder l'Ukraine dans son camp
Hier (7 avril), l'entreprise Gazprom, qui détient le monopole sur l'exportation du gaz russe, a affirmé qu'elle traiterait l'Ukraine comme un consommateur national, en réduisant ses factures de gaz de 8 milliards de dollars (5,59 milliards d'euros) par an si celle-ci rejoignait la Russie, le Belarus et le Kazakhstan dans une union douanière.
Hier (7 avril), l'entreprise Gazprom, qui détient le monopole sur l'exportation du gaz russe, a affirmé qu'elle traiterait l'Ukraine comme un consommateur national, en réduisant ses factures de gaz de 8 milliards de dollars (5,59 milliards d'euros) par an si celle-ci rejoignait la Russie, le Belarus et le Kazakhstan dans une union douanière.
« On utiliserait le principe de péréquation des profits » avec l'Ukraine si elle rejoint l'union, a déclaré le vice-président de Gazprom, Valery Golubev.
Presque simultanément, le président ukrainien, Viktor Yanukovych, a affirmé que son pays ne voulait pas rejoindre la Russie dans une union douanière, proposant plutôt un accord de libre-échange.
Dans son discours annuel au parlement, quelques jours avant la visite à Kiev du premier ministre russe, Vladimir Poutine, M. Yanukovych a déclaré que l'Ukraine préfèrerait rester en dehors de l'union douanière.
« Je pense que l'évolution de nos relations avec l'union douanière sera basée sur de nouveaux accords, un accord de libre-échange et un éventuel accord de coopération », a expliqué M. Yanukovych, cité par Reuters.
Il a affirmé que l'Ukraine souhaitait finaliser l'accord de libre-échange avec l'UE cette année, ce qui rendrait une union avec le bloc commercial des anciennes républiques soviétiques impossible. M. Poutine s'est rendu en Ukraine le 12 avril.
L'Ukraine, qui dépend grandement du gaz russe, demande depuis longtemps à Moscou de réduire ses prix, mais refuse de respecter des conditions à long terme pour une réduction, telles qu'une fusion entre Naftogaz et Gazprom.
Toutefois, il y a quelques jours, il est devienu clair que le prix du gaz russe importé par l'Ukraine s'envolera à 347 dollars (219 euros) pour 1 000 mètres cubes (MMC) au quatrième trimestre de 2011 par rapport à 264 dollars (184 euros) au premier.
« Selon la formule des prix, nous aurons un prix de 293 dollars au second trimestre, 313 dollars au troisième trimestre et 347 dollars au quatrième », a déclaré à la télévision le ministre ukrainien à l'énergie, Youri Boiko.
L'Ukraine achetait le gaz russe à environ 252 dollars (176 euros) par MMC au quatrième trimestre l'année dernière.
Des analystes indépendants ont affirmé au début de ce mois-ci que les prix du gaz russe devraient augmenter d'environ 300 dollars par MMC en 2011 à cause de l'envolée des prix du pétrole.
Conformément à un accord sur 10 ans entre Naftogaz et le géant gazier russe Gazprom, les prix du gaz sont revus à chaque trimestre pour prendre en compte le prix du brut et des produits pétroliers.
Compromis sur l'accord de libre-échange avec l'UE ?
Dans son discours annuel sur l'état du pays (« State of the union speech »), M. Yanukovych a exprimé l'espoir que son pays signe un accord de libre-échange avec l'UE d'ici la fin de l'année.
« Nous offrons des compromis pour tenter d'aplanir nos différences [dans les discussions commerciales avec l'UE] », a déclaré M. Yanukovych.
Les taxes et les quotas imposés aux produits agricoles ukrainiens étaient les points les plus difficiles dans l'obtention d'un accord de libre-échange qui donnerait aux produits ukrainiens un accès à grande échelle aux marchés européens, a expliqué le président.
M. Yanukovych a répété qu'il souhaiterait forger des relations stratégiques avec l'UE et les Etats-Unis d'un côté et avec la Russie de l'autre, afin de conserver une politique étrangère « équilibrée ».