L’Allemagne a renvoyé 570 migrants en Pologne en 2024, loin des 40 000 annoncés par les médias polonais
Quelque 570 migrants ont été renvoyés en Pologne depuis l’Allemagne en 2024, selon les données officielles des gardes-frontières polonais, loin des 40 000 migrants cités par les médias polonais la semaine dernière.
Quelque 570 migrants ont été renvoyés en Pologne depuis l’Allemagne en 2024, selon les données officielles des gardes-frontières polonais, loin des 40 000 migrants cités par les médias polonais la semaine dernière.
L’année dernière, alors que les demandes d’asile en Allemagne atteignaient leur plus haut niveau depuis sept ans, Berlin a adressé 74 622 demandes aux autres États membres de l’UE pour qu’ils reprennent des demandeurs d’asile dans le cadre du système de Dublin. Parmi ces demandes, 55 728 ont été acceptées.
Les gardes-frontières polonais « coopèrent systématiquement avec la police allemande par le biais de patrouilles communes, de postes avancés communs et de l’échange d’informations via le Centre germano-polonais pour la coopération frontalière, policière et douanière à Świecko », a déclaré Andrzej Juźwiak, porte-parole des gardes-frontières polonais, à l’Agence de presse polonaise (PAP).
Citant des données de la police allemande, Die Welt a précédemment rapporté qu’entre octobre 2023 et fin août 2024, plus de 10 000 entrées non autorisées ont été détectées lors des contrôles à la frontière avec la Pologne dans le Brandebourg, et que 5 100 personnes ont été refoulées à la frontière.
Interrogé sur ces données, Andrzej Juźwiak a expliqué que les gardes-frontières polonais n’effectuaient pas de contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen, y compris à la frontière germano-polonaise.
L’objectif du système de Dublin est de garantir un accès rapide aux procédures d’asile et l’examen du bien-fondé d’une demande par un seul État membre de l’UE clairement désigné.
Depuis l’augmentation de la pression migratoire à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, le nombre de personnes transférées vers la Pologne a augmenté. Selon les fonctionnaires polonais, la plupart des étrangers sont renvoyés d’Allemagne.
Depuis que le gouvernement allemand a mis en place des contrôles fixes à la frontière avec la Pologne, les médias ont rapporté des incidents au cours desquels la police allemande aurait emmené des migrants en Pologne, puis les aurait laissés du côté polonais.
La question a été discutée par le Premier ministre polonais Donald Tusk (Plateforme citoyenne, Parti populaire européen) et le chancelier allemand Olaf Scholz (Parti social-démocrate, Socialistes et Démocrates européens).
Entre-temps, le média polonais Interia, citant des sources du ministère polonais des Affaires étrangères, a rapporté le 17 octobre que l’Allemagne pourrait renvoyer jusqu’à 40 000 migrants en Pologne.
Paweł Wroński, porte-parole du ministère, a déclaré à Polsat News que ces informations n’étaient que des spéculations sur ce qui se passerait si Berlin utilisait tous les mécanismes disponibles.
Cependant, « aucun mécanisme n’a jamais été utilisé au maximum », a-t-il tranché.
La stratégie migratoire allemande motivée par des affaires intérieures
Le mois dernier, l’Allemagne a mis en place des contrôles aux frontières avec tous ses voisins, suscitant les critiques de Donald Tusk, qui a qualifié cette mesure de « suspension de facto de l’espace Schengen ».
Berlin a opéré un changement clair dans sa politique migratoire, qui a été influencé, entre autres, par la situation politique intérieure, « où ceux qui critiquent la politique migratoire [du gouvernement allemand] gagnent en popularité », a estimé Paweł Wroński.
« Nous avons également notre propre politique et, comme vous pouvez le constater, cette politique est aussi une politique de fermeté, à la fois sur les questions de défense des frontières et parfois dans les relations avec nos voisins », a-t-il souligné.
Le gouvernement polonais a adopté la semaine dernière une nouvelle stratégie migratoire qui a divisé la coalition au pouvoir, car elle prévoit une suspension temporaire et territoriale du traitement des demandes d’asile.
Bien que critiqués par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l’Homme, dont Médecins sans frontières, les projets de Donald Tusk ont été bien accueillis par la Commission européenne et les autres États membres de l’UE lors de la réunion du Conseil européen du jeudi 17 octobre dernier.