L’Autriche veut réduire les prestations sociales pour les immigrés

Les immigrés qui vivent en Autriche depuis moins de cinq ans devraient voir leurs prestations sociales réduites, a déclaré la ministre conservatrice de l’Intégration, Susanne Raab, des propos qui ont suscité de vives réactions chez ses partenaires de coalition écologistes.

EURACTIV Allemagne
Migrants in Austria
Selon Susanne Raab, c’est le marché du travail, et non le système d’aide sociale, qui devrait inciter les gens à s’implanter en Autriche. [EPA/ROLAND SCHLAGER]

Les immigrés qui vivent en Autriche depuis moins de cinq ans devraient voir leurs prestations sociales réduites, a déclaré la ministre conservatrice de l’Intégration, Susanne Raab (Parti populaire autrichien, ÖVP), des propos qui ont suscité de vives réactions chez ses partenaires de coalition écologistes.

À l’instar du Danemark, Mme Raab souhaite conditionner les prestations sociales complètes à la durée de résidence et à une période d’emploi spécifique, une approche censée s’appliquer à tous les immigrés, indépendamment de la nationalité et du statut de résidence. Une étude est en cours pour déterminer quelles prestations seraient soumises à ces critères.

Selon Mme Raab, c’est le marché du travail, et non le système d’aide sociale, qui devrait inciter les gens à s’implanter en Autriche. « Actuellement, nous avons la mauvaise forme d’immigration », a-t-elle déclaré, selon APA.

Mme Raab prévoit la création d’un bureau national de coordination pour aider les travailleurs qualifiés qui envisagent de s’installer en Autriche, en les aidant à intégrer leur famille, à suivre des cours d’allemand, à s’occuper de leurs enfants et à organiser des activités de loisirs. L’objectif est d’étendre ce service à l’ensemble du pays.

Cependant, les Verts, le partenaire de l’ÖVP au sein de la coalition au pouvoir, ont formellement rejeté ses propositions.

« Pour nous, les coupes dans les prestations sociales existantes ne sont pas à discuter », a indiqué à EURACTIV la députée écologiste et porte-parole sur les questions d’intégration, Faika El-Nagashi, mercredi (23 aout). « Le facteur décisif est le besoin de soutien, pas la durée du séjour en Autriche ou le niveau d’emploi », a-t-elle ajouté.

Des critiques ont également été émises par le parti libéral NEOS, ainsi que par le syndicat des travailleurs des secteurs des transports et des services Vida.

« Au lieu de se plaindre de la “fausse immigration” et de continuer à satisfaire le FPÖ avec des demandes populistes de réduction des prestations sociales, l’ÖVP ferait mieux de se ressaisir et de mettre enfin en œuvre les réformes attendues en matière d’immigration et de marché du travail », a souligné le secrétaire général de NEOS, Douglas Hoyos, dans une déclaration.

Selon le président de Vida, Roman Hebenstreit, la réduction des allocations ne serait pas « une incitation à la migration de la main-d’œuvre qualifiée souhaitée par le gouvernement fédéral ». Il a plutôt insisté sur la nécessité de créer des emplois attrayants offrant de meilleurs salaires et des conditions de travail favorables.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]