Le Fonds social européen à court d’argent
Les États compriment les dépenses européennes au point d’assécher les aides aux chômeurs et à la formation des salariés. Une situation qui pourrait paradoxalement aggraver les déficits publics nationaux.
Les États compriment les dépenses européennes au point d’assécher les aides aux chômeurs et à la formation des salariés. Une situation qui pourrait paradoxalement aggraver les déficits publics nationaux.
Depuis un an et demi, le chômage de la zone euro caracole au-delà de 10%. En août, il a même atteint le taux record de 11,4%. Principal outil dont dispose l’UE pour aider les personnes sans emploi, le Fonds social européen (FSE) est aujourd’hui à la peine.
Englués dans leurs politiques d’austérité, les États revoient à la baisse les crédits qui devaient être accordés cette année au FSE. D’autres programmes, comme Erasmus ou encore les aides accordées aux employés victimes de plans sociaux sont aussi concernés.
Résultat, « en ce début d’octobre, le FSE est en cessation de paiement. Les programmes Erasmus le seront dès la semaine prochaine. Le programme-cadre recherche et les crédits d’aide à l’innovation le seront à la fin du mois. Qui donc sera rassuré de cette incapacité de l’Union d’honorer ses engagements ? Ni les opinions publiques, ni les marchés financiers », s’indigne Alain Lamassoure, député européen UMP dans un communiqué.
« Les États veulent infliger à l’Europe une politique de rigueur comme ils le font pour eux. Mais en étranglant le budget, ils vont étrangler les citoyens », renchérit l’eurodéputée UMP Elizabeth Morin-Chartier.
Un trou de plusieurs milliards d’euros
A ce stade, difficile d’estimer la profondeur du trou dans le budget européen. « Ce dont on est sûr, c’est qu’il s’élève à plusieurs milliards d’euros », confie-t-on à la Commission européenne. Dans la presse, les chiffres qui circulent oscillent entre 3,5 et 12 milliards d’euros…
« Les experts de la direction générale du budget font encore les comptes. Mais il sera nécessaire de présenter un gros budget rectificatif le 23 octobre », prévient Bruxelles.
Cette contraction du budget européen a peu de chances d’améliorer l’état des finances publiques des États. En effet, ces derniers perçoivent le FSE en remboursement d’actions déjà financées, y compris par leur concours. Si la contribution européenne manque, les prévisions budgétaires des États s’en retrouveront inévitablement modifiées, entraînant un surplus de dépenses nationales par rapport à ce qui était prévu.
Autant de tensions qui augurent des bouclages financiers très difficiles pour le budget 2013 comme pour les négociations sur le prochain cadre financier 2014-2020, auquel les chefs d’État européens consacrent un sommet les 22 et 23 novembre.