Le gouvernement finlandais ferme sa frontière russe pour lutter contre l’immigration « organisée »
Le gouvernement finlandais a décidé de fermer quatre postes-frontière dans le sud-est du pays afin de lutter contre la hausse récente des « passages illégaux » en provenance de Russie, ont déclaré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo et la ministre de l’Intérieur Mari Rantanen.
Le gouvernement finlandais a décidé de fermer quatre postes-frontière dans le sud-est du pays afin de lutter contre la hausse récente de « passages illégaux » en provenance de Russie, ont déclaré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo et la ministre de l’Intérieur Mari Rantanen lors d’une conférence de presse ce jeudi.
Face au nombre croissant de demandeurs d’asile munis de documents de voyage irréguliers qui ont franchi la frontière orientale de la Finlande, qu’elle partage avec la Russie ces derniers jours, le pays des mille lacs fermera ses postes-frontière d’Imatra, Niirala, Nuijamaa et Vaalimaa, dans le sud-est du pays, à partir de la nuit de samedi (18 novembre) à dimanche (19 novembre).
« Il s’agit de mesures strictes et exceptionnelles, mais elles sont nécessaires pour mettre fin aux flux illégaux », ont annoncé le Premier ministre Petteri Orpo (Parti de la coalition nationale/PPE) et la ministre de l’Intérieur Mari Rantanen (Parti des Finlandais/ID) lors d’une conférence de presse conjointe jeudi (16 novembre), ajoutant que le nombre de demandeurs d’asile augmentait plus rapidement que le gouvernement ne l’avait prévu et que des mesures plus strictes avaient été mises en place.
La décision du gouvernement est valable jusqu’au 18 février 2024 et sera bientôt débattue au parlement par le biais d’une déclaration du Premier ministre.
Il s’agit de la première application des nouvelles dispositions législatives sur le contrôle des frontières, qui a été révisée il y a un peu plus d’un an et qui donne au gouvernement le pouvoir d’imposer des restrictions afin d’éviter une menace grave pour l’ordre public, la sécurité nationale ou la santé publique.
M. Orpo et Mme Rantanen ont justifié leur décision en déclarant que le nombre de passage à la frontière avait augmenté de manière significative ces derniers jours. Mme Rantanen a déclaré que ces mesures étaient une réponse aux actions orchestrées par la Russie et qu’elles ne concernaient pas la politique d’immigration finlandaise.
« Il ne s’agit pas d’une question de politique d’immigration ou d’asile, mais de personnes dont la venue est orchestrée, et ce n’est pas le nombre qui est central, mais le phénomène qui se cache derrière », a-t-elle déclaré.
Une source proche du dossier a confirmé à Euractiv que le sujet est une cause de préoccupation au plus haut niveau et qu’il a été pris très au sérieux à Helsinki.
« Il s’agit d’éviter un scénario polono-biélorusse dès le départ. Il s’agit de l’étouffer dans l’œuf », a déclaré la source à Euractiv, faisant référence à la crise des migrants à la frontière polonaise en 2022, qui, selon la Pologne, a été orchestrée par la Biélorussie, les migrants étant utilisés comme un outil politique pour faire pression sur l’UE.
Dans le même temps, les demandes d’asile seront toujours acceptées aux postes-frontière de Salla et de Vartius, à un millier de kilomètres au nord de Viborg. Les postes de Raja-Jooseppi et de Kuusamo, dans le nord du pays, resteront également ouverts pour une durée indéterminée.
Lors de la conférence de presse, M. Orpo a également déclaré que la Finlande était rentrée en contact avec l’UE et la Norvège, qui partage également une frontière terrestre avec la Russie, mais n’a pas mentionné de contacts avec la Russie.
Le contre-amiral Markku Hassinen a ajouté que les gardes-frontières finlandais avaient été en contact avec les gardes-frontières russes et leur avaient fait part de leurs préoccupations. Cependant, ils n’ont reçu aucune réponse quant aux raisons pour lesquelles la Russie a changé de politique et aide désormais les réfugiés sans papiers à se rendre à la frontière finlandaise.
Le contre-amiral a parlé d’une menace sérieuse pour la sécurité nationale qui entrave déjà le travail des autorités à la frontière orientale. M. Hassinen s’est dit prêt à prendre des mesures rapides et plus fermes.
Les ministres présents à la conférence de presse n’ont pas voulu spéculer sur l’évolution future de la situation, notamment sur le fait de savoir si davantage de réfugiés allaient traverser les forêts en contournant les postes-frontière. Ils n’ont pas non plus voulu s’exprimer sur les éventuels camps de réfugiés qui pourraient être installés du côté russe de la frontière finlandaise.
Selon M. Orpo, l’objectif principal est désormais d’arrêter la traversée des clandestins.
Mme Rantanen a également promis une campagne d’information sur les réseaux sociaux avec le message suivant : « La frontière est fermée. Cela ne vaut pas la peine de venir en Finlande. »