Le premier ministre finlandais viserait une haute fonction de l’UE
Lors d’un discours au Parlement européen aujourd’hui (16 avril) à Strasbourg, le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, a plaidé en faveur du nouveau concept d’« intégration équitable ». Il a ajouté que cette intégration maintiendrait l’UE à l’abri d’une double menace : le nationalisme et le populisme. De nombreux eurodéputés ont considéré son discours comme une tentative de briguer une haute fonction de l’UE, à saisir en 2014.
Lors d’un discours au Parlement européen aujourd’hui (16 avril) à Strasbourg, le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, a plaidé en faveur du nouveau concept d’« intégration équitable ». Il a ajouté que cette intégration maintiendrait l’UE à l’abri d’une double menace : le nationalisme et le populisme. De nombreux eurodéputés ont considéré son discours comme une tentative de briguer une haute fonction de l’UE, à saisir en 2014.
S'exprimant devant des eurodéputés à Strasbourg, le premier ministre finlandais a déclaré qu'il était devenu pro-européen lors de son séjour Erasmus à l'université de Leicester au Royaume-Uni.
« Cette expérience m'a ouvert les yeux sur l'importance de l'intégration européenne », a-t-il déclaré. Selon des sources du Parlement européen, Jyrki Katainen, âgé de 42 ans, est le seul parmi les chefs d'État et de gouvernement de l’UE à avoir participé au programme Erasmus.
Le premier ministre finlandais a longuement déclaré que la crise économique faisait de l'ombre à l'intégration européenne et que les forces nationalistes et populistes augmentaient considérablement.
Il n'a fait aucune référence directe à son propre pays, où le parti nationaliste « Vrais Finlandais » est devenu la troisième force politique au parlement avec 19,1 % des votes à la suite des élections législatives de 2011. M. Katainen, président du Parti de la coalition nationale de centre-droit, a isolé les « Vrais Finlandais » en constituant une large coalition gouvernementale avec les sociaux-démocrates et les libéraux.
« Nous ne devrions pas laisser les défis économiques et sociaux empoisonner le principe même d'intégration européenne. Nous ne devrions pas laisser les voix nationalistes et populistes dominer le débat européen », a-t-il poursuivi.
M. Katainen a consacré une grande partie de son discours à expliquer son concept d'« intégration équitable », « une intégration européenne qui bénéficie à tout le monde », selon lui.
Sans citer des pays comme la Hongrie ou la Roumanie, critiqués pour leur mise à mal des valeurs européennes, il a insisté sur le fait qu'une « intégration équitable » impliquait le respect de ces valeurs « par tous et en tout temps ».
D'un point de vue économique, il a précisé que des pays pourraient compter sur la solidarité, seulement à condition qu'ils accomplissent des efforts pour maintenir l'ordre au niveau national.
« Nous devrions pouvoir compter les uns sur les autres. Nous ne pouvons cependant pas confier toutes les responsabilités aux autres. […] Ceux qui décident des dépenses doivent percevoir les recettes », a-t-il déclaré.
La Finlande fait partie de la zone euro et du club restreint des pays de l'UE avec un« triple A », qui comprend l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
D'après de nombreux observateurs parlementaires, le discours de M. Katainen constitue un exercice de positionnement afin de briguer l’une des hautes fonctions de l’UE, à pourvoir à l’issue des élections européennes en mai 2014.
Le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, dont est membre Jyrki Katainen, n'a pas encore choisi son candidat pour le poste convoité de président de la Commission européenne. Une autre haute fonction de l'UE sera à saisir en 2014 : la présidence du Conseil européen. Herman Van Rompuy, qui l'occupe actuellement, a annoncé dernièrement qu'il quitterait la politique en 2014.
Catherine Ashton, la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, a également déclaré qu'elle se retirerait.L’une des conditions tacites pour accéder à la fonction est la maîtrise de l'anglais et du français. M. Katainen a prononcé son discours en anglais, en finnois et en français.