Le président polonais désigne deux candidats pour le poste de Premier ministre
Le président polonais Andrzej Duda a nommé deux candidats au poste de Premier ministre ce jeudi 26 octobre, des deux partis politiques qui se sont déclarés prêts à former un nouveau gouvernement, bien que le parti actuellement au pouvoir, le PiS, n’ait pas obtenu la majorité parlementaire lors des élections du 15 octobre.
Le président polonais Andrzej Duda a nommé deux candidats au poste de Premier ministre ce jeudi 26 octobre, des deux partis politiques qui se sont déclarés prêts à former un nouveau gouvernement, bien que le parti actuellement au pouvoir, le PiS, n’ait pas obtenu la majorité parlementaire lors des élections du 15 octobre.
Bien que le parti conservateur Droit et Justice (PiS, ECR) soit arrivé en tête des élections, la Coalition civique (KO, EPP) de M. Tusk, ainsi que l’alliance centriste Troisième voie (regroupant un parti Pologne 2050 affilié Renew et le parti PSL affilié EPP) et les socialistes (S&D), ont remporté plus de 54 % des voix et obtenu une majorité de 248 sièges à la Diète (la chambre basse du Parlement polonais) qui compte 460 sièges.
Toutefois, après avoir consulté les dirigeants des partis représentés au Parlement, M. Duda n’a pas exclu la possibilité que son ancien parti forme un nouveau gouvernement. « Aujourd’hui, nous avons deux candidats sérieux au poste de Premier ministre et deux groupes politiques qui prétendent à la majorité parlementaire », a-t-il déclaré lors de son annonce de jeudi.
Il s’agit du PiS, et de son Premier ministre sortant Mateusz Morawiecki, et du leader du bloc d’opposition, qui a choisi Donald Tusk comme candidat, a expliqué M. Duda.
« Cette situation est nouvelle dans notre modèle de démocratie », a-t-il déclaré, faisant référence à la forte probabilité qu’ont, selon lui, deux camps opposés de former un gouvernement.
Même si les chiffres suggèrent le contraire, M. Duda a déclaré que les dirigeants du PiS étaient en mesure d’obtenir une majorité à la Diète. Pour cela, il faudrait convaincre le Parti populaire polonais (PSL, EPP), membre du bloc de la Troisième voie, de rejoindre la coalition de droite.
Pourtant, cela semble difficilement réalisable, le dirigeant du PSL, Władysław Kosiniak-Kamysz, ayant déclaré que son parti coopérerait avec KO, le socialistes et le parti Pologne 2050, son partenaire de l’alliance Troisième Voie, et exclurait toute collaboration avec le PiS.
Le parti ultraconservateur Confédération, perçu par beaucoup comme un possible partenaire de coalition pour le PiS, ne s’est pas non plus engagé à soutenir le parti dirigé par Jarosław Kaczyński.
L’annonce du président a été critiquée par les membres de l’opposition, qui ont fait valoir que les partis d’opposition, avec M. Tusk comme candidat au poste de Premier ministre, avaient beaucoup plus de chances de former un gouvernement, ce qui est également ce que les chiffres indiquent.
« Dans cette affaire, les deux parties ne sont pas a égalité », a déclaré Wojciech Konieczny, député socialiste, à la chaîne privée TVN24, suggérant que M. Duda souhaitait donner plus de temps à M. Morawiecki pour obtenir une majorité et que M. Morawiecki aurait exageré à M. Duda les capacités du PiS à parvenir à former une coalition.
« Ce qui fait un homme un homme, ce n’est pas la façon dont il commence les choses, mais la façon dont il décide d’y mettre fin. M. Morawiecki finit comme un clown », a écrit sur X Kamila Gasiuk-Pihowicz, députée KO, faisant référence à une citation de Guillermo del Toro (« Qu’est-ce qui fait d’un homme, un homme ? »).
Pendant ce temps, bien que les partis de l’opposition démocratique soient parvenus à un consensus sur la nomination de M. Tusk au poste de premier ministre du futur gouvernement de coalition, certains se demandent si M. Kosiniak-Kamysz ne serait pas un meilleur candidat.
M. Tusk est beaucoup plus populaire à l’étranger, y compris à Bruxelles. Néanmoins, le leader du PSL est une figure plus consensuelle et qui rassemble plus que l’ancien président du Conseil européen, a déclaré le député du PSL Władysław Teofil Bartoszewski à l’hebdomadaire Wprost.
Le nouveau parlement polonais commencera ses travaux à la mi-novembre, la séance inaugurale étant prévue pour le 13 du mois, comme l’a annoncé le président. Le gouvernement sera vraisemblablement nommé ultérieurement, M. Duda ayant déclaré qu’il ne voyait pas la nécessité de raccourcir la durée du mandat du parlement actuel.