Le prochain président de la Commission élu par le Parlement ?
Dans un rapport parlementaire, le libéral britannique Andrew Duff envisage la désignation du patron du Berlaymont parmi les eurodéputés, à partir de 2014. Il souhaite aussi la création de listes transnationales pour les élections européennes.
Dans un rapport parlementaire, le libéral britannique Andrew Duff envisage la désignation du patron du Berlaymont parmi les eurodéputés, à partir de 2014. Il souhaite aussi la création de listes transnationales pour les élections européennes.
Les députés libéraux du Parlement européen veulent que le prochain président de la Commission soit choisi parmi les membres de l’hémicycle strasbourgeois à partir de 2014.
Mardi 19 avril, le Britannique Andrew Duff (ADLE), a révélé ses propositions visant à instaurer des listes transfrontalières lors des prochaines élections européennes, trente ans après la création de ce suffrage, en 1979.
L’eurodéputé libéral démocrate, appuyé par la commission des Affaires constitutionnelles du Parlement, souhaite que le prochain président de l’Exécutif européen soit élu parmi les députés.
L’une des nouveautés majeures soutenues par la commission consiste à réserver 25 sièges parlementaires à des candidats élus sur des listes présentées dans toute l’Europe par les partis politiques européens.
Célébrités
A partir des élections de 2014, les électeurs pourraient voter pour des « listes transnationales », comprenant 25 noms, en plus des listes nationales traditionnelles.
Ces listes transnationales seraient identiques dans les 27 États membres de l’UE.
M. Duff a qualifié les changements proposés d’ « avancée importante pour la démocratie post-nationale ».
Les 25 candidats de la liste transnationale seraient probablement des personnalités politiques ou des célébrités européennes, qui contribueraient à élargir les perspectives de la campagne électorale.
Le dirigeant du groupe ALDE, Guy Verhofstadt soutient depuis longtemps cette idée et souhaite apparaître sur cette liste.
Nombreuses discussions
Mais avant cela, la proposition d’Andrew Duff devra être approuvée en session plénière. Le texte sera probablement soumis à l’ensemble des eurodéputés en juin. Les États membres de l’UE doivent aussi donner leur accord.
Lorsqu’EURACTIV lui a demandé de faire part de ses attentes pour le vote de juin, M. Duff a admis que «de nombreuses discussions» étaient nécessaires avec les autres groupes politiques.
Il a également affirmé que les changements proposés n’impliqueraient pas un transfert de compétences des États membres vers les institutions européennes. Ils ne nécessiteront donc pas de référendum au Royaume-Uni.
En janvier, le parlement britannique a adopté une loi rendant obligatoire le recours à un référendum pour toute modification future des traités de l’UE impliquant un transfert de pouvoir à Bruxelles.
POSITIONS
Le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) au Parlement européen a fortement critiqué le rapport de M. Duff.
« Une fois de plus, les eurodéputés fédéralistes du Parti travailliste et des libéraux démocrates tentent de nous imposer une identité européenne. Ce genre d’aberration explique pourquoi certaines personnes se détournent de l’UE », a déclaré Ashley Fox, l’une des porte-paroles du groupe.
« En ces temps d’austérité économique, la dernière chose que le contribuable britannique veuille payer est le coût de 25 eurodéputés supplémentaires et d’une autorité électorale européenne pour superviser le processus. Les élections européennes sont assez compliquées en l’état sans ajouter un bulletin de vote supplémentaire », a-t-elle ajouté.