Le Royaume-Uni ne veut pas du « label du patrimoine européen »
Les premiers sites dotés du label du patrimoine européen, censés célébrer l'Histoire et le développement de l'UE, devraient être annoncés en 2013. Toutefois, le Royaume-Uni pense que les sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, protégés au niveau national, suffisent et qu'il n'est donc pas nécessaire d'instaurer un système de label européen.
Les premiers sites dotés du label du patrimoine européen, censés célébrer l'Histoire et le développement de l'UE, devraient être annoncés en 2013. Toutefois, le Royaume-Uni pense que les sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, protégés au niveau national, suffisent et qu'il n'est donc pas nécessaire d'instaurer un système de label européen.
Les ministres européens ont abouti la semaine dernière (18 mai) à un accord politique sur le lancement du « label du patrimoine européen » qui mettra en valeur les sites qui célèbrent l'Histoire et le développement de l'UE. Le Parlement européen était impliqué dans la rédaction de l'accord et devrait adopter le texte du Conseil en seconde lecture sans y apporter d'amendements.
La liste des premiers sites à recevoir ce nouveau label sera publiée en 2013.
Toutefois, au cours des discussions portant sur cet accord, le Royaume-Uni a exprimé des réserves et a déclaré qu'il s'abstiendrait de voter sur l'accord final, ce qu'il a d'ailleurs fait.
Une source diplomatique britannique a expliqué à EURACTIV que le Royaume-Uni ne nominerait aucun site pour l'obtention de ce label. Le pays dispose déjà de sites du patrimoine mondial de l'UNESCO protégés au niveau national et il n'est donc pas nécessaire d'ajouter un label européen, a affirmé cette source.
La liste des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, comprend 911 propriétés qui font partie de l'héritage culturel mondial et qui sont considérées par le Comité du patrimoine mondial comme des biens dotés d'une valeur universelle exceptionnelle.
La participation au nouveau système de l'UE reste en effet facultative, a précisé la Commission européenne.
Certains membres britanniques du Parlement européen ont vivement critiqué le label du patrimoine, le qualifiant de « tentative vaine d'imposer une identité européenne commune » et de « créer une identité européenne synthétique ».
Le Royaume-Uni aurait également préféré utiliser les fonds existants pour ce système plutôt que d'y allouer de nouveaux fonds.
Les ressources financières vouées à mettre en œuvre les nouveaux labels pour la période qui s'étendra du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013 s'élèvent à 650 000 euros.
Promouvoir l'accès et les activités pédagogiques
Selon le Conseil qui représente les Etats membres, l'accent de ce nouveau label du patrimoine européen ne sera pas mis sur les qualités architecturales ou la beauté des sites, mais plutôt sur la promotion et l'accès aux différents sites dotés « d'une forte valeur symbolique en termes d'Histoire et d'héritage européens ».
Cela implique des explications claires sur leur signification européenne et l'organisation d'activités pédagogiques, a ajouté le Conseil.
Ce système ne couvrira pas la conservation des sites qui devra être prise en charge par les mécanismes actuellement en place. Toutefois, l'attribution du label à différents sites devrait « contribuer au développement économique et durable des régions, surtout via le tourisme culturel ».
En 2013-2014, les Etats membres pourront nominer quatre sites pour l'attribution du label. Des experts indépendants évalueront les candidatures et sélectionneront ceux qui remporteront cette récompense. A partir de 2015, la sélection aura lieu tous les deux ans. Les Etats membres pourront nominer jusqu'à deux sites à chaque fois et les experts pourront sélectionner un site maximum par pays.
Les sites existants devront postuler à nouveau
Les 68 sites situés, dans 18 Etats membres, qui ont reçu ce label dans le cadre du système intergouvernemental actuel ne seront pas automatiquement intégrés dans la nouvelle liste, mais ils pourront postuler pour obtenir ce nouveau label, une demande formulée par le Parlement lors de la première lecture du dossier.
Parmi les sites qui disposent du label actuel, on retrouve notamment le chantier naval de Gda?sk en Pologne, l'Acropole d'Athènes et la maison de Robert Schuman en France.