Le scénario d’un gouvernement de technocrates suscite des remous en Grèce
Les élites politiques grecques étaient en effervescence ce jeudi (3 février) après qu’EURACTIV Grèce a rapporté que certains cercles de la Commission européenne espéraient un gouvernement de technocrates pour le pays.
Les élites politiques grecques étaient en effervescence ce jeudi (3 février) après qu’EURACTIV Grèce a rapporté que certains cercles de la Commission européenne espéraient un gouvernement de technocrates pour le pays, déchaînant un raz de marée politique au moment où les discussions sur une éventuelle élection anticipée s’intensifient.
La Commission européenne a démenti les faits rapportés par EURACTIV Grèce, qui évoquait une préférence de l’exécutif européen pour un gouvernement de technocrates à l’instar de Mario Draghi pour le pays en cas d’instabilité politique, et ce afin de mettre en œuvre efficacement le Fonds pour la relance de l’UE après la pandémie de Covid-19. Quoi qu’il en soit, le rapport d’EURACTIV est devenu le principal sujet de discussion au sein de tous les partis politiques en Grèce.
EURACTIV Grèce a rapporté que des cercles de la Commission européenne ont déclaré que les membres actuels du système politique grec « ne sont pas en mesure de mener à bien les réformes approfondies nécessaires pour que le pays puisse tourner la page ».
Leur principal argument, rapporte EURACTIV Grèce, est l’énorme quantité d’argent qui affluera dans l’économie grecque d’ici 2026 grâce au Fonds pour la relance, et ils craignent que le gouvernement actuel soit « victime de fortes pressions et d’engagements envers un groupe restreint d’hommes d’affaires grecs ».
« C’est un cercle vicieux qui ne permet pas à l’économie de s’ouvrir aux investissements européens et étrangers », a expliqué EURACTIV Grèce, citant une source fiable.
Dans un commentaire au ton étonnamment fort pour la Commission européenne, son porte-parole principal, Eric Mamer, a déclaré : « Nous ne nous abaisserons pas à commenter une histoire aussi ridicule et complètement infondée ».
En juillet 2021, EURACTIV.com avait rapporté que plusieurs États membres de l’UE avaient demandé au gouvernement grec des clarifications concernant la sélection des entreprises qui bénéficieront des prêts avantageux du plan de relance post-pandémie.
« Le plan de relance grec est le seul qui subira de légères modifications avant mardi », avait alors confié une source européenne à EURACTIV, sous couvert d’anonymat.
Cette même source avait également déclaré que l’on craignait que l’État grec ne donne la priorité à des investissements « sûrs », qui recevraient de toute façon de l’argent des banques, au lieu de se concentrer sur les investissements plus risqués dans des secteurs et des PME fortement touchés par la pandémie.
La Grèce devrait recevoir la première partie du fonds pour la relance à la mi-mars, mais les négociations pour y arriver n’ont pas été faciles.
Selon EURACTIV Grèce, des retards importants dans les réformes ont été signalés et des questions ont déjà été soulevées concernant la deuxième partie du fonds, qui devrait être accordée pour l’été si des élections anticipées sont annoncées et qu’aucun gouvernement ne peut être formé rapidement.
Plusieurs médias grecs ont rapporté jeudi que le scénario d’une incapacité à former un gouvernement n’est pas improbable au vu des sondages actuels, et que, suite à la publication d’EURACTIV, les partis politiques du pays étaient à présent en alerte.