Le secteur des technologies de nouveau attractif pour les investisseurs

Les investisseurs ouvrent de nouveau leur porte-monnaie mais leur tolérance au risque a été refroidie par la crise, a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV Jean-Bernard Guérrée, PDG de World Investment Conference.

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Les investisseurs ouvrent de nouveau leur porte-monnaie mais leur tolérance au risque a été refroidie par la crise, a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV Jean-Bernard Guérrée, PDG de World Investment Conference.

M. Guérrée se montre optimiste, notamment face à l'exemple américain, où les innovations de la Silicon Valley attirent de nouveau les investissements alors que des entreprises comme Apple continuent d'engranger d'immenses profits grâce aux produits de haute technologie.

La Californie a enregistré un très fort taux au premier trimestre 2010 – c'est le plus haut niveau jamais enregistré d'investissement privé. On se croirait en 1999, a déclaré M. Guérrée, qui a travaillé pendant 20 ans en tant qu'entrepreneur dans le secteur technologique américain.

A l'occasion de la World Investment Conférence à La Baule en France en juin, il prévoit de centrer son intervention sur la valeur des petites entreprises. Il s'exprimera devant un parterre d'investisseurs et d'hommes politiques – notamment le président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy et le commissaire à l'industrie Antonio Tajani – qui discuteront des moyens de remettre à niveau les taux d'investissements dans la R&D.

M. Guérrée espère que ce rebond californien se diffusera jusqu'en Europe, comme ce fut le cas lors de l'explosion du secteur des technologies dix ans en arrière. Cependant, l'état catastrophique des finances publiques en Californie fait que la reprise sera en priorité alimentée par le secteur privé.

L'esprit d'entreprise en Californie – notamment dans des endroits comme la Silicon Valley – est bien plus important que l'état des finances publiques, a-t-il dit.

Les hommes politiques peuvent contribuer à la mise en place d'un environnement favorable aux entreprises, mais il revient aux innovateurs de montrer la voie, selon M. Guérrée. Il estime que les décideurs politiques devraient laisser le champ libre aux entreprises pour inventer de nouvelles technologies qui vont changer notre manière de vivre. C'est l'environnement pro entreprise des Etats-Unis qui l'a poussé à quitter la France au départ, a-t-il dit.

Ce point de vue était démodé jusqu'à ce que les règlementations financières peu intrusives alimentent le ralentissement économique actuel – de la même manière que l'enthousiasme sans limite avait conduit à l'explosion de la bulle Internet.

Peut-être est-ce le prix à payer pour le progrès. Les entreprises basées dans la Silicon Valley ont changé notre façon de vivre. Regardez l'impact de Facebook sur nos vies, et de toutes les autres technologies qui ont amélioré la société. La question est la suivante : les grands investisseurs comme les fonds de pension peuvent-ils tolérer des pertes au regard des bénéfices sociétaux de ce type d'environnement risqué du point de vue des affaires, a déclaré M. Guérrée.

Les entrepreneurs en Europe sont traités avec suspicion, selon M. Guérrée, alors que les Américains considèrent les leurs comme des héros.

Nous devons faire des entrepreneurs des héros pour que les enfants rêvent de devenir entrepreneurs plutôt que fonctionnaires, a-t-il dit.

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