Le sommet de Yalta divise l’UE une fois de plus
Certains dirigeants européens participeront au sommet des pays d’Europe centrale prévu à Yalta, en Ukraine, les 11 et 12 mai prochains, mais d’autres non, a appris EURACTIV. Comble de l’ironie, Yalta est le symbole de la division de l’Europe pendant la Guerre froide, depuis que MM. Roosevelt, Churchill et Staline s’y sont réunis en février 1945.
Certains dirigeants européens participeront au sommet des pays d’Europe centrale prévu à Yalta, en Ukraine, les 11 et 12 mai prochains, mais d’autres non, a appris EURACTIV. Comble de l’ironie, Yalta est le symbole de la division de l’Europe pendant la Guerre froide, depuis que MM. Roosevelt, Churchill et Staline s’y sont réunis en février 1945.
Au moins quatre pays européens devraient boycotter la réunion prévue sur les rives de la mer Noire. Les médias allemands ont annoncé le 26 avril que le nouveau président, Joachim Gauck, avait annulé sa visite en Ukraine ce mois-ci. M. Gauck s'est dit préoccupé par l'état de santé de la chef de l'opposition incarcérée, Ioulia Timochenko.
Les médias tchèques ont également fait savoir, le 30 avril, que le président, Vaclav Klaus, avait annulé sa visite pour les mêmes raisons. Les présidents slovène et autrichien, Danilo Turk et Heinz Fischer, auraient décidé de suivre cet exemple.
En février dernier, les autorités ukrainiennes auraient lancé des invitations aux chefs d'État des 20 pays suivants : l’Albanie, l'Autriche, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, l'Estonie, la Hongrie, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Macédoine, la Moldavie, le Montenegro, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie et la Slovénie.
Oleg Voloshyn, le directeur de l'information au ministère ukrainien des affaires étrangères, a confirmé à EURACTIV que six chefs d'État avaient annulé leur participation, mais il a précisé que ces annulations ont été effectuées à des moments différents et pour des raisons différentes. Les dirigeants en question auraient invoqué des empêchements pour justifier leur absence.
M. Voloshin a précisé que même si les dirigeants italien, allemand, tchèque, autrichien, slovène et estonien ne venaient pas, 14 autres chefs d'État étaient attendus.
« Nous ne voyons aucune justification d'ordre politique derrière ces annulations », a-t-il insisté avant d’assurer que Kiev n'avait pas l'intention d'annuler cette réunion.
En participant au sommet de Yalta, ceux qui sont inquiets de la situation de Mme Timochenko auront l’occasion de rencontrer M. Ianoukovitch et d'entendre ses explications, a indiqué le fonctionnaire ukrainien.
La Commission européenne a confirmé que ni le président José Manuel Barroso ni le commissaire à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage, Štefan Füle, ne participeraient.
La réunion à Yalta semble laisser présager un possible boycott politique européen du championnat de football Euro 2012, organisé par l'Ukraine en collaboration avec la Pologne du 8 juin au 1er juillet prochains.
La Pologne entretient quant à elle des relations tout à fait cordiales avec l'Ukraine. Selon les médias polonais, le président Bronis?aw Komorowski n'a aucune intention d'annuler sa venue à Yalta.