"Le traité simplifié ne règlera pas tout"

A quelques jours du Sommet européen, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), insiste sur la nécessité de voir figurer la Charte des droits fondamentaux dans le futur traité. Il souhaite par ailleurs une coordination des politiques économiques au niveau européen et la mise en œuvre d’une réflexion sur les services publics.

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A quelques jours du Sommet européen, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), insiste sur la nécessité de voir figurer la Charte des droits fondamentaux dans le futur traité. Il souhaite par ailleurs une coordination des politiques économiques au niveau européen et la mise en œuvre d’une réflexion sur les services publics.

En bref  :

L’idée d’un traité simplifié n’est pas « mauvaise en soit » a déclaré à EURACTIV.fr le secrétaire général de FO, tout en insistant sur la nécessité de ne pas s’arrêter là car « cela ne règlera pas tout ». A l’instar de la position défendue par la Confédération européenne des syndicats (CES), Force Ouvrière fait de la présence de la Charte des droits fondamentaux l’un des points phares du futur traité. L’abandon du terme « constitution » a en outre été salué par le leader syndical. « Mais cela ne remet pas en cause la nécessité de réviser les traités antérieurs, notamment sur certaines questions économiques » a-t-il ajouté.

Le rôle de la Banque centrale européenne doit absolument évoluer, estime par ailleurs Jean-Claude Mailly. Mais le syndicaliste insiste surtout sur la nécessité de coordonner les politiques économiques des États membres, « seule manière de soutenir la croissance et l’emploi ». « Cela suppose deux choses  : revoir le dogme de la libre concurrence qui a été érigé au niveau européen et réorienter certaines politiques économiques ». « Mettre en place l’euro sans avoir au préalable mis en place une politique économique européenne était suicidaire », ajoute le secrétaire général de FO.

Quelques semaines avant la publication d’une communication sur la flexicurité, le secrétaire général de Force Ouvrière critique l’attitude de la Commission européenne sur ce sujet. Elle correspond, selon lui, à la logique de la construction européenne depuis vingt ans. Le social est devenu « une variable d’ajustement qui subit les dogmes économiques ». « La Commission européenne est dans une logique de marché et pas dans une logique de droit du travail », estime le syndicaliste.

Insistant sur la distinction entre service universel et service public, Jean-Claude Mailly a rappelé l’opposition totale de son syndicat à la libéralisation des services postaux actuellement discutée à Bruxelles. « Si l’on veut respecter l’égalité des droits telle qu’elle est inscrite dans notre devise républicaine, il est nécessaire de conserver nos services publics ». Or le maintien d’un service postal universel n’équivaut pas au maintien d’un service public, selon le leader syndical. « Le service universel ne garantit pas forcément aux usagers l’existence d’un service public. Le service universel peut en effet être rendu par une entreprise privée sur la base d’un cahier des charges. Or on sait très bien, et c’est normal, qu’une entreprise privée a tendance à privilégier la rentabilité du service ». Jean-Claude Mailly compte bien militer pour la mise en place d’une véritable réflexion sur les services publics lors de la présidence française de l’UE en 2008.

Lire l’interview dans son intégralité ici.