Législatives en Serbie : la victoire du parti présidentiel confirmée par les résultats complets
Le Parti progressiste serbe (SNS) du président Aleksandar Vučić a remporté les élections législatives et locales du 17 décembre avec 46,75 % des voix au niveau national, selon les résultats complets publiés mercredi (3 janvier). Cependant la régularité des élections est contestée par l'opposition, qui manifeste quotidiennement.
Le Parti progressiste serbe (SNS) du président Aleksandar Vučić a remporté les élections législatives et locales du 17 décembre avec 46,75 % des voix au niveau national, selon les résultats complets publiés mercredi (3 janvier). Cependant la régularité des élections est contestée par l’opposition, qui manifeste quotidiennement.
Ce score assure au parti présidentiel (droite nationaliste), selon ses propres projections, une majorité absolue de sièges au Parlement. La principale coalition d’opposition « La Serbie contre la violence » (SPN), qui crie à la « fraude », a remporté 23,66 % des voix.
Les résultats complets ont été publiés sur le site de la Commission électorale (RIK) après l’organisation d’un nouveau scrutin dans une trentaine de bureaux de vote, essentiellement dans des zones rurales, notamment en raison d’« irrégularités ».
Désormais, les bulletins ont été dépouillés dans les 8 723 bureaux dans le pays, a indiqué la RIK sur son site internet.
La RIK n’a pas encore fait sa propre projection des sièges, mais le président serbe avait déclaré le 30 décembre que son parti, qui est au pouvoir depuis 2012, devrait avoir une majorité absolue au niveau national, à savoir 129, voire 130 sièges, dans une Assemblée nationale qui en compte 250.
Le scrutin du 17 décembre est contesté depuis le premier jour par l’opposition, qui dénonce des « fraudes ». Il a été suivi par des manifestations quasiment quotidiennes devant le siège de la Commission électorale et par des blocages des rues de Belgrade.
L’opposition serbe avait également boycotté le nouveau vote organisé le 30 décembre dans une trentaine de bureaux, jugeant que cela ne suffirait pas à lui faire accepter le résultat global des élections.
Le SPN a demandé à l’Union européenne d’organiser une enquête internationale indépendante pour vérifier ses allégations sur des « irrégularités ».
Achat de voix
M. Vučić, qui n’était pas candidat à ce scrutin mais qui a dominé la campagne de son parti, a rejeté mardi (2 janvier) la possibilité d’une telle enquête, en affirmant que les élections étaient « une affaire des institutions de l’État [serbe] ».
L’opposition avait dans un premier temps contesté notamment le résultat du scrutin pour le conseil municipal de Belgrade, en accusant le parti au pouvoir d’avoir organisé le transport en bus de Serbes de Bosnie, ayant la double nationalité bosnienne et serbe, pour voter dans la capitale.
Des observateurs internationaux, dont ceux de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont aussi fait état d’« irrégularités » lors du scrutin, notamment d’« achat de voix » et de « bourrage d’urnes ».
Plusieurs pays occidentaux ont exprimé leur inquiétude quant à la tenue du processus électoral.
Les manifestations de l’opposition, auxquelles ont adhéré beaucoup d’étudiants et de jeunes, ont culminé le 24 décembre, lorsque les manifestants ont tenté de prendre d’assaut l’hôtel de ville de Belgrade, avant d’être repoussés par la police. Une trentaine de manifestants ont été arrêtés, dont certains sont toujours en détention.
Lors du dernier grand rassemblement, le 30 décembre, des milliers de Serbes ont défilé à Belgrade pour réclamer l’annulation du scrutin et l’organisation de nouvelles élections dans six mois.