Les administrations identifiées comme principaux obstacles à la mobilité [FR]

A l'occasion d'un forum à Bruxelles, les citoyens ont estimé que la législation européenne en vigueur, supposée faciliter la mobilité des travailleurs et la libre circulation des personnes en Europe, n'était pas mise en pratique par les autorités locales, régionales, nationales et même européennes.

A l’occasion d’un forum à Bruxelles, les citoyens ont estimé que la législation européenne en vigueur, supposée faciliter la mobilité des travailleurs et la libre circulation des personnes en Europe, n’était pas mise en pratique par les autorités locales, régionales, nationales et même européennes.

Dans le panel intitulé « la mobilité des travailleurs devrait commencer dans votre propre pays – trouver un emploi ou déjà pour commencer, obtenir la reconnaissance de son diplôme », Ondrej Manda, a déclaré : « Je veux pouvoir vivre partout en Europe, pas seulement en Irlande, au Royaume-Uni ou dans une poignée d’autres pays ». M. Manda a quitté la République tchèque pour l’Irlande avant que son pays n’adhère à l’UE le 1er mai 2004. Il a occupé divers emplois à mi-temps. Aucun ne correspondait, selon lui, à son niveau de qualification comme sociologue et économiste.

Selon de nombreuses personnes du panel, les administrations, à tous les niveaux, sont encore moins prêtes que les entreprises à faire tomber les barrières entravant la liberté de mouvement des travailleurs. Une ressortissante française, Iris Hillman s’est entendu dire à la Commune de Bruxelles, où elle s’inscrivait ainsi que son mari américain : « La libre circulation des personnes n’existe pas, Madame.

Lorsque Vilma Bucaite a voulu quitter la Lituanie et venir à Bruxelles pour faire un stage à la Commission Européenne, les services de la Commission lui ont conseillé de s’enquérir des procédures d’immigration à l’ambassade belge de Vilnius. A l’ambassade, on lui a dit qu’elle avait besoin d’un visa pour aller à Bruxelles – alors que les citoyens de l’UE souhaitant se rendre dans un autre pays de l’UE n’ont pas besoin de visa. 

Ce sont apparemment les citoyens des Etats ayant adhéré à l’UE en 2004 qui rencontrent les problèmes les plus sérieux. Parmi le public, un professeur tchèque de gestion critique : « Les vieux Etats membres ne reconnaissent pas les qualifications des nouveaux pays. Ils exercent une discrimination à notre encontre sur les marchés du travail et cela dérive ensuite vers une discrimination plus globale de la société. On se sent comme indésirables ».

Cependant, les travailleurs venus des nouveaux Etats membres ne sont pas les seuls à sentir qu’ils ne profitent pas complètement de la liberté de circulation des personnes et des travailleurs dans l’UE. Parfois, même les travailleurs mobiles ressentent une discrimination dans leur propre pays.

Christophe Audicq, un banquier d’investissements français, a trouvé assez facile de s’intégrer au marché du travail londonien dans les années 80. Quand il est rentré en France dix ans plus tard, cependant, il a constaté que ni son expérience acquise en Angleterre ni ses aptitudes linguistiques n’étaient vraiment valorisées à Paris. Il conclut en résumant les impressions à son retour : « Mon expertise acquise dans le domaine bancaire britannique n’était pas recherchée en France ».

Dans le panel intitulé « la mobilité des travailleurs vous donne accès aux avantages sociaux du pays étranger – vraiment? – profiter de la Sécurité Sociale » et « la mobilité des travailleurs peut mal tourner – comment prévenir les dangers? », les citoyens ont critiqué le manque d’information appropriée. Les personnes ayant émigré vers un autre pays de l’UE ont déclaré que, dans la plupart des cas, ce constat était valable pour le pays de départ comme pour le pays d’accueil.

Bien des personnes sont ainsi incapables de gérer leur propre affaire à l’étranger à cause de la barrière de la langue, de l’absence de soutien de la part des autorités locales du pays d’accueil et du manque de conseil juridique.

La Fondation Barka en Pologne, agissant pour aider les migrants polonais du Royaume-Uni, a lancé un appel à Franco Frattini pour que soit mis au point un programme venant en aide aux migrants européens au sein de l’UE. Cet appel allait dans le même sens que les témoignages des intervenants, qui se sont entendus sur le fait que l’UE oeuvrait plutôt en faveur d’une politique de migration intégrée envers les pays tiers, laissant les migrants dans l’UE désemparés.

Agata Szarek, citoyenne et femme d’affaires polonaise vivant en Irlande, a rappelé qu’il revenait en priorité aux gouvernements nationaux d’informer leurs citoyens : « S’il vous plaît, ne nous oubliez pas. Nous avons encore le droit de vote ».

Résumant les débats, le directeur d’ECAS, Tony Venables a exprimé son intention de former un groupe de pression pour la mobilité des travailleurs au sein de l’UE afin de résoudre le problème des « citoyens de seconde classe » en Europe.