Les conservateurs britanniques rendront-ils le pouvoir aux socialistes européens ? [FR]

David Cameron, chef des conservateurs britanniques et favori pour le poste de Premier ministre, pourrait s’avérer responsable du retour des socialistes au pouvoir au Parlement européen, ont indiqué des sources à EURACTIV. Hier (11 mars), Mark François, shadow ministre aux Affaires européennes, a confirmé que les conservateurs britanniques quitteront le groupe de centre-droit du Parlement européen.

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David Cameron, chef des conservateurs britanniques et favori pour le poste de Premier ministre, pourrait s’avérer responsable du retour des socialistes au pouvoir au Parlement européen, ont indiqué des sources à EURACTIV. Hier (11 mars), Mark François, shadow ministre aux Affaires européennes, a confirmé que les conservateurs britanniques quitteront le groupe de centre-droit du Parlement européen.

Depuis le lancement de leur manifeste électoral à Madrid en décembre 2008 (EURACTIV 03/12/08), les socialistes européens ont a plusieurs reprises attaqué le centre-droit européen. En effet, ils le considèrent comme responsable des stratégies économiques néo-libérales, qu’ils estiment être à l’origine de l’actuelle crise financière. Le PSE pense que les électeurs européens partageront cette opinion, et voteront davantage pour les candidats socialistes en 2009. 

Curieusement, les élections du Parlement européen de juin 2009 sont les premières élections majeures dans le monde depuis l’aggravation de la crise économique mondiale, à l’exception notable de l’élection présidentielle américaine, remportée par le candidat de centre-gauche Barack Obama. 

Un vote de protestation à mi-parcours pourrait faire pencher la balance à gauche

« Il y a une forte tradition lors des élections du Parlement européen selon laquelle les électeurs protestent contre leurs partis au gouvernement dans leur pays ou les punissent», a déclaré un analyste politique à EURACTIV. En conséquence, les partis minoritaires et extrémistes ont tendance à avoir du succès lors des élections, qui sont souvent à mi-chemin entre deux élections nationales.

Autre effet de ce modèle : lorsque la gauche domine les gouvernements européens, la droite augmente sa représentation au Parlement européen, et vice-versa. Actuellement, les partis de centre-droit dominent les gouvernements européens. Ainsi, si ce modèle contestataire se révèle exact, le PSE serait en position de force pour augmenter le nombre de ses eurodéputés, a conclu l’analyste. 

David Cameron détient-il la clé du succès des socialistes ?

Toutefois, selon des sources, il y a une possibilité que le destin des socialistes ne réside pas dans le vote des électeurs, mais soit dans les mains d’un des leaders européens du centre-droit. 

Comme le rapportait EURACTIV (12/01/09), le conservateur britannique David Cameron a promis le retrait des 27 eurodéputés membres de son parti du groupe PPE-DE, majoritaire au Parlement. Il souhaite ainsi mettre un terme au mariage sans amour qui lie son parti au Parti populaire européen. 

Hier, une délégation de conservateurs menée par le porte-parole du parti pour les Affaires étrangères, William Hague, a rencontré Joseph Daul, leader du groupe PPE-DE, à Strasbourg. Elle a confirmé que le leader conservateur David Cameron souhaitait retirer ses eurodéputés du PPE-DE et créer un nouveau groupe au Parlement européen après les élections de 2009. 

La perspective de former un nouveau groupe est réaliste, ont indiqué des analystes, tant que les Tories peuvent trouver suffisamment de partenaires convenables. L’eurodéputé conservateur Geoffrey Van Orden, un allié de M. Cameron, a déclaré hier à la BBC que les négociations sont en cours entre les principaux partis du gouvernement et des responsables politiques sérieux qui ne sont pas satisfaits avec leur place actuelle au Parlement européen. Des observateurs pensent que le nouveau groupe pourrait s’appeler les Conservateurs européens. 

Toutefois, alors que la formation d’un nouveau groupe satisferait l’engagement de longue date de M. Cameron et permettrait, éventuellement, à ses eurodéputés de gagner une certaine importance, une telle décision pourrait également comporter des conséquences politiques significatives pour le leader des Tories. 

Si le PSE porte le nombre de ses députés à 40 et que M. Cameron forme un nouveau groupe avec ses 27 eurodéputés Tory et leurs neuf alliés tchèques de l’ODS, il s’avérera être directement responsable de la majorité du PES au Parlement. 

La formation d’un nouveau groupe aurait également pour conséquence la nomination d’un nouveau président de la Commission, dans la mesure où les leaders européens choisiront un candidat en accord avec les résultats des élections. 

Se confiant à EURACTIV, un membre de haut niveau du parti conservateur s’est demandé si M. Cameron « apprécierait d’assumer la responsabilité d’avoir été l’homme qui a permis à un socialiste de diriger la prochaine Commission avec un mandat de centre-gauche, parce qu’il a insisté pour retirer les Tories du groupe commun [PPE-DE] ». 

Glenis Willmott, eurodéputée du parti travailliste britannique, qui préside la délégation de son parti au Parlement, a également fait allusion à cette possibilité dans un entretien à EURACTIV. 

« Nous pourrions devenir le groupe le plus important en juillet, si les conservateurs britanniques s’en vont, ce qu’ils semblent s’être engagés à faire », a-t-elle déclaré, ajoutant que « ceci va avoir un impact puissant sur la politique du Parlement européen ».

Selon la source du parti conservateur, si cette éventualité se présente, M. Cameron n’aurait aucune difficulté à renoncer à son engagement pris en 2005 : « La proposition initiale de M. Cameron a été formulée de manière merveilleusement ambiguë, et si la situation évolue, il peut faire évoluer son point de vue. Si on lui signifie qu’il peut soit s’engager à ce que l’UE soit dirigée par des socialistes au cours des cinq prochaines années, soit décider de rester au PPE-DE, il lui faudra cinq minutes pour écrire un communiqué de presse » autorisant la continuité du groupe commun, a expliqué la source.