Les dirigeants de l’UE encouragent le pape François à promouvoir des « valeurs »

Les présidents des institutions européennes ont envoyé leurs félicitations hier soir (13 mars) au nouveau pape François. L’Argentin Jorge Mario Bergoglio devient le premier Latino-américain à diriger l’Église catholique romaine en difficulté.

EURACTIV.com / Reuters
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Les présidents des institutions européennes ont envoyé leurs félicitations hier soir (13 mars) au nouveau pape François. L’Argentin Jorge Mario Bergoglio devient le premier Latino-américain à diriger l’Église catholique romaine en difficulté.

 

Le pape, âgé de 76 ans, s'est montré au balcon central de la basilique Saint-Pierre mercredi soir, une heure après l'apparition d'une fumée blanche sur le toit de la chapelle Sixtine. Cette fumée indique que 115 cardinaux ont choisi le pape François pour diriger les 1,2 million de catholiques romains dans le monde.

 

« Priez pour moi », a déclaré le nouveau pontife, revêtu de la robe blanche du pape pour la première fois, aux dizaines de milliers de personnes qui attendaient sur la place.

 

Le pape François remplacera Benoît XVI (85 ans), qui a démissionné le mois dernier.

 

Le cardinal français Jean-Louis Tauran a annoncé en latin le choix de Jorge Bergoglio, le premier pape latino-américain et jésuite. Il a déclaré « Habemus Papam » (« Nous avons un pape. ».

 

Jorge Bergoglio devient le 266e pape de l'histoire de 2000 ans de l'Église, qui connaît une période de crise en raison du scandale d'abus sexuels sur des enfants et de luttes internes au sein du Vatican.

 

Meilleurs voeux des dirigeants de l'UE

 

Dans un message commun de félicitations, le président de la Commission, José Manuel Barroso, et le président du Conseil, Herman Van Rompuy, ont souhaité au pape François un « pontificat long et béni ». Ils espèrent que le pape et l'Église catholique puissent « défendre et promouvoir les valeurs fondamentales de paix, de solidarité et de dignité humaine. »

 

« Ce sont des signes indispensables dans un monde confronté à de nombreux défis et à de profonds changements », ont affirmé MM. Barroso et Van Rompuy.

 

« Nous sommes convaincus que votre Sainteté continuera avec force et détermination le travail de votre prédécesseur en rapprochant les peuples et les religions du monde », conclut le message.

 

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a souhaité au pape François « force et courage » alors que l'Église catholique romaine est « confrontée à de nombreux défis historiques ». Le choix d'un pape non européen est un signe encourageant, a-t-il affirmé.

 

« Une nouvelle impulsion est nécessaire afin de raviver les valeurs fondamentales, qui constituent la base de la chrétienté, comme la solidarité, la paix entre les nations et les peuples, la tolérance, et l'aide en faveur des plus faibles et des plus pauvres. Ces valeurs sont plus nécessaires que jamais dans un monde qui risque d'être englouti dans une spirale de matérialisme et d'inégalité », a indiqué M. Schulz.

 

Un nom symbolique

 

Bien que théologiquement conservateur, Jorge Bergoglio est connu pour son attention envers les pauvres et devrait changer radicalement le style de direction de l'Église. Le choix du nom de M. Bergoglio  prouve son engagement. Il est le premier à souhaiter s'appeler François, en hommage à Saint?François-d'Assise, décédé en 1226, après avoir vécu dans la simplicité et la pauvreté.

 

Il a immédiatement marqué la différence avec son prédécesseur, un théologien réservé, grâce à un signe d'humilité. Il a en effet demandé à la foule de le bénir avant qu'il ne les bénisse.

 

M. Bergoglio est le plus âgé de tous les candidats éventuels et n'était pas vraiment le favori du conclave.

 

Il est le premier pape non européen depuis le Syrien Grégoire III au VIIIe siècle et le troisième pape successif qui n'est pas d'origine italienne.