Les dirigeants européens invités à « retrousser leurs manches » pour sécuriser le droit à l’IVG en Europe

Une semaine après le recul historique des Etats-Unis sur l’accès à l’avortement, en Europe les ONG pour les droits des femmes multiplient les appels à protéger ce droit, incitant les leaders à supprimer les obstacles qui subsistent encore.

Euractiv France
Abortion rights demontration in Prague
Plus de 70 organisations européennes de défense des droits sexuels, reproductifs et des droits des femmes ont appelé les dirigeants européens à protéger l’accès à l’avortement.

Une semaine après le recul historique des Etats-Unis sur l’accès à l’avortement, en Europe les ONG pour les droits des femmes multiplient les appels à protéger ce droit, incitant les leaders à supprimer les obstacles qui subsistent encore.

« Aujourd’hui, nous appelons les décideurs européens à retrousser leurs manches et à prendre des mesures concrètes pour sécuriser pleinement l’accès aux soins liés à l’avortement en Europe », a déclaré Leah Hoctor, directrice Europe au Center for Reproductive Rights dans un communiqué de presse.

Dans un appel publié mardi (28 juin), plus de 70 organisations européennes de défense des droits sexuels, reproductifs et des droits des femmes ont appelé les dirigeants européens à protéger l’accès à l’avortement.

Parmi les signataires : Amnesty International, l’European Society of Contraception and Reproductive Health (ESC), mais également des ONG locales comme le Planning familial en France ou l’AnA Society for Feminist Analyses en Roumanie.

« C’est un moment important pour les dirigeants européens qui s’engagent en faveur des droits reproductifs de montrer l’exemple et de galvaniser l’action dans leur propre pays afin de supprimer les obstacles juridiques et politiques à l’avortement qui restent en place », poursuit Mme Hoctor.

Cet appel intervient une semaine après le recul historique des Etats-Unis sur l’accès à l’IVG.

Dans un arrêt rendu le vendredi 24 juin, la très conservatrice Cour suprême a annoncé révoquer le droit constitutionnel à l’avortement, laissant ainsi le choix à chaque Etat de décider de maintenir ce droit ou non.

Depuis, neuf Etats ont annoncé l’interdiction totale d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse : l’Utah, le Dakota du Sud, le Kentucky, le Wisconsin, l’Alabama, le Missouri, la Louisiane, l’Arkansas et l’Oklahoma.

« La décision prise la semaine dernière par la Cour suprême des États-Unis a provoqué une onde de choc dans le monde entier », commente Mme Hoctor.

Encore des « obstacles » en Europe

Les leaders européens ont condamné quasiment à l’unanimité ce revirement historique, ce dont se félicitent les 70 associations.

« Solidarité totale avec toutes les femmes aux États-Unis et dans le monde. Nous ne lâcherons rien pour nos droits, jamais », a commenté la Première ministre française Elisabeth Borne sur Twitter.

Pourtant, si en Europe avorter est légal presque partout, plusieurs « obstacles » et « restrictions spécifiques » sont toujours en place dans les lois de certains pays, souligne le communiqué de presse.

Le pire élève ? La Pologne. L’IVG est quasiment interdite sauf si la mère est en danger ou si la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste.

En Espagne et en France, depuis le 2 mars 2022, il est possible d’avoir recours à une IVG jusqu’à 14 semaines.

Pour protéger le droit à avorter sur le continent, les signataires de l’appel souhaitent que les lois de chaque pays soient alignées sur les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’OMS recommande que toutes les filles et les femmes aient un accès sécurisé à l’avortement, alors que chaque année 25 millions d’avortements non sécurisés sont réalisés.

« Il est temps d’agir pour que l’accès à l’avortement soit une réalité dans toute l’Europe pour tous ceux qui en ont besoin », conclut Leah Hoctor.