Les eurodéputés demandent à l’UEFA d’exclure la Biélorussie des qualifications pour l’Euro 2024
Les eurodéputés ont appelé l’Union européenne des associations de football (UEFA) à bannir l’équipe nationale de football biélorusse des qualifications pour l’Euro 2024.
Dans une lettre qu’EURACTIV a pu consulter, les eurodéputés ont appelé l’Union européenne des associations de football (UEFA) à bannir l’équipe nationale de football biélorusse des qualifications pour l’Euro 2024.
La lettre, adressée au président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, a été initiée par l’eurodéputé polonais Tomasz Frankowski (PPE), membre de la commission de la Culture du Parlement européen (CULT) et ancien joueur de football professionnel.
« Nous pensons qu’il est important que l’UEFA reconsidère sa position actuelle sur la Fédération biélorusse de football », peut-on lire dans la lettre signée par 104 eurodéputés issus de tous les groupes parlementaires.
Le 28 février 2022, l’UEFA a décidé d’interdire à tous les clubs et équipes russes de participer à leurs compétitions en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Désormais, les eurodéputés demandent à l’instance dirigeante du football européen de faire de même au moins avec l’équipe nationale biélorusse, engagée dans les qualifications pour le Championnat d’Europe dans une poule avec Andorre, Israël, le Kosovo, la Roumanie et la Suisse.
La lettre a été envoyée mercredi (15 mars) le jour même du vote d’une résolution en plénière du Parlement européen dans laquelle les députés ont condamné la répression systématique des citoyens et des voix dissidentes par le régime biélorusse.
« En tant qu’ancien joueur de football, je dois dire qu’une demande d’exclusion d’une équipe nationale d’une compétition sportive est toujours compliquée », a confié M. Frankowski à EURACTIV.
« Cependant, étant donné la situation actuelle en Biélorussie, la guerre en Ukraine et les actions du régime de [Alexandre] Loukachenko condamnant des citoyens innocents à des années de prison, une telle action du Parlement européen est malheureusement nécessaire », a-t-il poursuivi.
La lettre fait notamment référence à des cas de longues peines de prison et de procès à huis clos, comme ceux du journaliste Andrzej Poczobut, du lauréat du prix Nobel de la paix Ales Bialatski et de la cheffe de l’opposition biélorusse en exil, Sviatlana Tsikhanouskaya.
Elle mentionne également le cas d’Oleg Formin, un entraîneur de football de 48 ans qui a passé deux ans et demi dans une prison biélorusse sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces.
« Comment tous ces faits peuvent-ils être alignés avec les valeurs et les matchs de l’UEFA qui devraient être des emblèmes de la paix et de la coopération […] ? » peut-on lire dans la lettre.
Selon les signataires de la lettre, une grande partie de la société biélorusse vit aujourd’hui dans la peur, intimidée et terrorisée par le fait que ne pas s’aligner sur le régime de M. Loukachenko pourrait entraîner la fin de leur carrière ou de leur liberté.
« Cela inclut les athlètes et les sportifs biélorusses. Il est donc clair pour nous que les footballeurs qui font encore partie de l’équipe de football biélorusse soutiennent le régime de [Alexandre] Loukachenko », poursuit la lettre.
En outre, le fait même que l’équipe nationale biélorusse participe aux qualifications pour l’Euro peut être utilisé par M. Loukachenko et son équipe de propagande pour prouver que le régime est toujours bien perçu par la communauté internationale, affirment les signataires.
« Ce ne sont pas seulement les valeurs de l’UEFA qui sont en jeu, mais aussi la réputation et l’image de l’UEFA au sein des sociétés démocratiques et de la communauté internationale », conclut la lettre.
L’équipe de football de Biélorussie occupe actuellement la 97e place du classement FIFA des équipes nationales de football, mais ne s’est pas encore qualifiée pour la phase finale de la Coupe du monde de la FIFA ni du Championnat d’Europe de l’UEFA.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]