Les eurodéputés examinent les aspirants à l'adhésion au cas par cas

Le Parlement européen a adopté hier (14 mars) des résolutions sur trois pays qui ont emprunté des chemins bien différents pour leur adhésion à l'UE : l'Islande, qui avance à grand pas, la Macédoine, dont les négociations d'adhésion sont bloquées depuis sept ans en raison d'un litige avec la Grèce, et la Bosnie-Herzégovine, où le processus de réforme stagne.

EURACTIV.com
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Le Parlement européen a adopté hier (14 mars) des résolutions sur trois pays qui ont emprunté des chemins bien différents pour leur adhésion à l'UE : l'Islande, qui avance à grand pas, la Macédoine, dont les négociations d'adhésion sont bloquées depuis sept ans en raison d'un litige avec la Grèce, et la Bosnie-Herzégovine, où le processus de réforme stagne.

Ces 27 pages de résolutions comportent une analyse approfondie de la situation de chaque pays. Ceux-ci présentent plus de différences que ceux des précédentes vagues d'élargissement de l'Union. Les résolutions les plus longues concernent la Macédoine et la Bosnie-Herzégovine. Elles exposent toute une série de problèmes et contiennent plusieurs recommandations.

La Bosnie-Herzégovine, un cas difficile

Le commissaire à l'élargissement, Štefan Füle, a présenté la position de la Commission sur chacun des trois aspirants. Il a déclaré qu'il était « difficile d'être positif » sur la Bosnie-Herzégovine, un pays qui émerge lentement d'une année de paralysie politique pendant laquelle les trois communautés ethniques ont refusé d'envisager un avenir commun.

M. Füle a affirmé que pour que le pays puisse avancer dans la mise en oeuvre de son accord de stabilisation et d'association, la constitution devrait être modifiée pour s'assurer que le pays existe en tant qu'un seul Etat.

Le Parlement a également pris note des menaces extrémistes dans les régions des Balkans occidentaux et il a exhorté les autorités de Bosnie-Herzégovine à « combattre l'extrémisme, la haine religieuse et la violence en étroite collaboration avec la communauté internationale ».

Conflit toponymique

Concernant la Macédoine, qu'il a diplomatiquement appelée « ancienne République yougoslave de Macédoine », M. Füle a annoncé qu'il se rendrait à Skopje le même jour pour lancer un « dialogue d'association de haut niveau ». Ce dialogue permettrait d'une certaine manière d'entamer les négociations d'adhésion qui restent bloquées en raison d'un conflit toponymique avec la Grèce.

Bien que l'ancienne république de Yougoslavie ait obtenu le statut de candidat en 2005, cela fait sept ans qu'elle attend de pouvoir commencer ses négociations d'adhésion. Les Grecs refusent en effet que le pays se désigne comme la « République de Macédoine ».

En réponse aux eurodéputés qui ont affirmé que l'UE devrait prendre les devants et contribuer à la résolution de ce conflit toponymique, une tâche qui revient pour l'instant aux Nations unies, le commissaire a affirmé que cela ne serait possible que si les deux parties en faisaient la demande.

Les eurodéputés souhaitent qu'une date soit définie pour le début des négociations d'adhésion avec Skopje. Dans leur résolution, ils affirment qu'en ne parvenant pas à fixer une date, le Conseil européen suscite une frustration et un mécontentement légitime au sein de l'opinion publique.

« Ce pays a sa place au sein de l'UE et les négociations d'adhésion doivent débuter sans délai », a déclaré l'eurodéputé britannique Richard Howitt des Socialistes et Démocrates, rapporteur sur la résolution.

Les eurodéputés ont par ailleurs énuméré une liste d'inquiétudes quant aux politiques appliquées par le gouvernement de Skopje. Il s'agit notamment du phénomène connu sous le nom d'« antiquisation » (la création d'une histoire antique aux dépens de l'héritage culturel grec), « qui risque d'aggraver les tensions avec les pays voisins et de provoquer de nouvelles divisions internes ».

Skopje a en outre été encouragée à travailler en collaboration avec la Bulgarie « afin de contribuer à une interprétation de l'histoire objective et fondée sur les faits ». Sofia accuse en effet Skopje de manipuler l'histoire à des fins nationalistes et d'en détourner des épisodes glorieux.

Islande : ce n'est pas la rapidité qui compte

A propos de l'Islande, le Parlement a noté des divisions politiques sur l'adhésion à l'UE, mais il espère que le pays rejoindra l'Union. L'Islande est l'une des plus anciennes démocraties d'Europe et les eurodéputés sont satisfaits des progrès réalisés pour la mise en conformité par rapport aux normes de l'UE.

Depuis l'ouverture officielle des négociations entre le pays et l'Union en juillet 2010, 11 chapitres ont été abordés. L'ambition du gouvernement est d'ouvrir les chapitres restants, du moins la plupart, au plus tard pour la conférence d'adhésion de juin prochain sous la présidence danoise.

M. Füle a cependant rappelé que la Commission était consciente des difficultés que posaient certains chapitres et que la vitesse à laquelle progresseraient les discussions n'était pas le plus important.

«  Soyons clairs : 2012 sera une année décisive, dans la mesure où nous nous apprêtons à entamer, dès que possible, les négociations portant sur certains des principaux chapitres, comme la pêche, l'agriculture, la sécurité alimentaire et l'environnement. Nous privilégierons toujours la qualité à la vitesse », a-t-il affirmé.