Les Européens exhortent Kadhafi à se rendre

En France, Nicolas Sarkozy a convié le premier ministre du Conseil national de transition libyen à venir à Paris mercredi 24 août.

EURACTIV.fr

En France, Nicolas Sarkozy a convié le premier ministre du Conseil national de transition libyen à venir à Paris mercredi 24 août.

Alors que la capitale libyenne, depuis dimanche 21 août, est entre les mains des rebelles, le colonel Kadhafi resterait introuvable. Dans des messages sonores, le guide de la révolution a affirmé, lundi 22 août, qu’il resterait à Tripoli “jusqu’à la fin”.

Eviter des effusions de sang

En Europe, les appels à Kadhafi pour déposer les armes se multiplient. La Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, lui demande de “se retirer sans délais afin d’éviter de nouvelles effusions de sang”.

Même son de cloche des présidents de la Commission et du Conseil européen. “Nous exhortons le Colonel Kadhafi à accepter la volonté du peuple, à se retirer immédiatement et à éviter de nouvelles souffrances”, indiquent José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy. 

A Londres, le premier ministre britannique David Cameron a appelé le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à arrêter le combat « sans condition ».

La veille, la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait refusé de voter en faveur de la résolution de l’ONU autorisant la protection des populations civiles, a affirmé qu’il serait “bon que Kadhafi abandonne aussi vite que possible”, dans une interview à la télévision ZDF.

Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy condamne quant à lui « avec la plus grande fermeté les appels irresponsables et désespérés du colonel Kadhafi à poursuivre coûte que coûte les combats”.

Dans la soirée, lundi 22 août, le Français et son homologue britannique ont par ailleurs indiqué qu’ils poursuivraient « leurs efforts en soutien des autorités libyennes légitimes aussi longtemps que le colonel Kadhafi [refuserait] de rendre les armes ».

Les deux dirigeants ont par ailleurs estimé que « la phase nouvelle de transition qui va s’ouvrir devra être conduite dans un esprit de réconciliation et d’unité nationale ». 

Mahmoud Jibril à Paris

Le président français s’est entretenu lundi avec le premier ministre du Conseil national de transition (CNT) Mahmoud Jibril. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs invité le chef de la rébellion libyenne à se rendre à Paris mercredi. 

Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a demandé, lors d’une conférence de presse, la réunion extraordinaire du groupe de contact, qui comprend les pays participant à la campagne de l’OTAN contre le régime de Kadhafi, pour fixer « la feuille de route » de la communauté internationale aux côtés du CNT.

Un sommet élargi de ce groupe de contact devrait avoir lieu la semaine prochaine à Paris. 

De leurs côtés les dirigeants des institutions européennes se sont bornés à déclarer que l’Union européenne continuerait “de soutenir le pays dans sa transition démocratique et sa reconstruction économique”. 

Un bureau à Tripoli

« Nous avons un bureau à Benghazi, nous envisageons d’ouvrir un bureau à Tripoli tant que les conditions sont réunies », a cependant ajouté Michael Mann, porte-parole de la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, dans une interview accordée par téléphone à l’agence de presse chinoise Xinhua.

Selon l’eurodéputé, co-président du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, “il est important que l’Union européenne développe une véritable stratégie d’accompagnement et de soutien du processus démocratique de l’État libyen après l’effondrement du régime du colonel Mouammar Kadhafi et la victoire des rebelles libyens”. 

Il demande également que Mme Ashton présente la stratégie de l’UE lors de la prochaine session plénière du Parlement européen qui a lieu entre le 12 et le 15 septembre.