Les partis tchèques lancent les premiers assauts de la campagne électorale européenne [FR]

Les principaux partis politiques tchèques se préparent aux élections européennes en truffant leurs discours de campagne de piques négatives contre leurs adversaires tout en négligeant de prendre position sur les questions européennes. Reportage d’EURACTIV République tchèque.  

czechrep.jpg
czechrep.jpg

Les principaux partis politiques tchèques se préparent aux élections européennes en truffant leurs discours de campagne de piques négatives contre leurs adversaires tout en négligeant de prendre position sur les questions européennes. Reportage d’EURACTIV République tchèque.  

Le parti démocratique civique (ODS), parti de droite au pouvoir, et le parti social démocrate tchèque (CSSD), de gauche, ont lancé des campagnes très négatives pour les prochaines élections au Parlement européen, qui auront lieu entre le 4 et le 7 juin. 

Des questions internes, plutôt que paneuropéennes, devraient largement dominer les débats lors de la période pré-électorale. L’opposition, c’est-à-dire le CSSD, devrait remporter les élections et considérera le scrutin réussi s’il obtient huit à dix des 22 sièges réservés aux eurodéputés tchèques. 

La lutte pour obtenir des sièges à Bruxelles aura principalement lieu sur Internet. Les démocrates civiques, en particulier, ont annoncé leur intention d’utiliser des médias sociaux, à l’instar du président américain, Barack Obama, lors des élections présidentielles américaines de l’année dernière (EURACTIV 04/11/08). L’équipe du leader de l’ODS, Jan Zahradil, prévoit d’utiliser pleinement des sites tels que Facebook, MySpace, YouTube, Skype and ICQ. 

Le but est de susciter de l’enthousiasme parmi les jeunes et d’utiliser des volontaires pour aider à transmettre le message même aux citoyens qui ont le moins de conscience politique. Il s’agit dans le même temps de garder le coût de la campagne au plus bas. 

L’ODS n’est pas le seul parti qui cherche à tirer profit de l’Internet. Le CSSD était le premier à lancer une « campagne permanente » visant à rester en contact avec les citoyens à tout moment, au moyen de « mini-campagnes ». De telles mini-campagnes comprennent des publicités en ligne, des sites web spécifiques, etc.

Un site web a été spécifiquement conçu dans le but d’informer le public de manière concise quant aux priorités du CSSD : http://www.protikrizi.cz/ (« contre la crise »). La principale priorité des sociaux-démocrates est de combattre la crise économique au niveau européen. 

Le site met en avant les mesures nécessaires qui devront être adoptées (ratification du traité de Lisbonne, adoption de l’euro avant 2013, etc.) et critique l’actuelle coalition, la considérant comme irresponsable et inefficace dans la résolution des problèmes actuels. 

L’ODS considère ce site comme une démonstration classique des campagnes négatives du CSSD contre son principal rival, le parti démocrate-civique, et a décidé de lancer un site rival, cssdprotivam.cz http://www.cssdprotivam.cz/ (le CSSD contre vous), narguant ainsi les efforts des sociaux démocrates de recueillir un plus grand soutien du public.

L’apparente futilité de la tentative du CSSD d’obtenir un soutien massif en jouant un air pro-européen n’est pas complètement infondée. En effet, la majorité des électeurs du CSSD sont contre l’adoption de la monnaie unique, et ils sont encore plus nombreux à être contre la ratification du traité de Lisbonne (72 % selon idnes.cz http://www.idnes.cz/).

Toutefois, le CSSD devrait remporter les élections européennes avec 35,5 % des suffrages, selon l’agence STEM. 20 % des voix devraient aller à l’ODS et 10 % aux communistes. L’ODS vise à réitérer les résultats des élections de 2004, lorsque le parti avait remporté neuf sièges, avec 30 % des votes. 

La préférence pour le CSSD provient en premier lieu de l’opposition des régions aux réformes gouvernementales relatives aux soins de santé qui concernent une mesure impopulaire de paiement direct des soins médicaux. Les problèmes nationaux seront ainsi décisifs dans ces élections de juin. Selon Factum Invenio, si les élections avaient lieu aujourd’hui, le taux de participation s’élèverait à 54 %. 65 % des Tchèques considèrent que les eurodéputés tchèques devraient défendre les intérêts tchèques. 

L’ODS ne devrait pas changer sa politique européenne passive, dans la mesure où M. Zahradil, connu pour sa position eurosceptique, est certain d’être en tête de la liste des candidats, comme c’était le cas en 2004. Le CSSD, quant à lui, coordonne ses efforts avec le parti paneuropéen PSE (parti socialiste européen). 

En février, le CSSD a lancé une « tournée anti-crise » après la publication du manifeste du PES. La campagne européenne a officiellement été lancée au congrès du parti, le 14 février. Selon le président du CSSD, Jiri Paroubek, il s’agissait d’une occasion unique de démarrer une campagne européenne intense, au cours de laquelle le parti peut présenter ses candidats au public tout comme ses liens avec le parti socialiste européen.